Bonjour Louis et Tristan, vous êtes créas chez Buzzman, quel est votre parcours ?
Louis : Après mon Bac ES, j’ai intégré La fac René Descartes. Un IUT Info-com option pub en deux ans. Pendant ces 2 années d’études j’ai enchaîné des stages dans une petite boîte de publicité, Cèdre Bleu, Ils sont les premiers à m’avoir ouvert les portes de la pub et disons-le, c’était beaucoup plus enrichissant que les études. Avec eux j’ai appris l’univers de la création publicitaire, concevoir et maquetter…Je tiens d’ailleurs à les remercier… Ils m’ont fait aimer ce métier.

Puis après ces deux années de fac et ces quelques stages, j’ai intégré Sup de pub en Direction artistique, que j’ai enchaîné par un master, le tout entrecoupé de stages : CPP/Léo Burnet… Puis .V.
Par la suite je suis parti à l’étranger, en Australie pendant 6-7 mois.

A mon retour j’ai intégré l’agence Muchimuchi, mon premier CDI.
J’y ai rencontré Tristan Daltroff mon actuel Concepteur Rédacteur.
Nous sommes restés deux ans dans cette agence.
Puis avec Tristan nous avons intégré Buzzman… Une agence qui nous faisait déjà rêver à l’époque.

Tristan : Contrairement à Louis qui voulait faire “pubard“ dès la maternelle, j’ai mis longtemps à savoir ce que je voulais faire. Ou plutôt ce que je ne voulais pas faire. Déjà je ne suis même pas allé en maternelle. Après, j’ai attendu la fin du collège pour savoir que je ne voulais pas être ingénieur, ni architecte comme ma mère me l’avait conseillé.  J’ai quand même passé un bac S au cas où. Je me suis ensuite inscrit à la Fac. C’est génial la Fac, ce sont des possibilités infinies de ne jamais aller cours. Par exemple, je ne suis jamais allé en cours de Science de la Matière, la fac ou j’étais inscrit. Ouais, il me fallait un Deug pour passer les concours d’ingénieur du son. J’aimais la musique et ma maman voulait que je fasse ingénieur, vous vous souvenez… Bon, bah non en fait.

Du coup je me suis réinscrit dans une autre Fac où je ne suis pas trop allé en cours. Et puis j’en ai une marre. J’ai donc arrêté la Fac pour aller en cours dans un IUP InfoCom. C’était chiant et j’ai vite su que je ne voulais pas être responsable de com chez PSA Citroën, le stage que je n’ai pas fait et euh… Je me rends compte que tout ça n’est vraiment pas intéressant du tout pour ceux qui veulent savoir comment on devient CR haha.
Alors comment j’ai fait ? Une amie m’avait parlé de ce job. Ça avait l’air cool. Alors j’ai essayé lors d’un stage dans une agence à Nancy. Le stage était vraiment moisi, mais le boulot de CR non. Alors je suis venu sur Paris ou j’ai trouvé d’autres stages de moins en moins pourris. C’est là que je suis devenu CR. En stage. Après je me suis lancé en freelance par opportunité et j’ai rencontré Louis dans l’agence Muchimuchi.
On y est resté un peu et en 2010 on voulait absolument venir chez Buzzman. Voilà on y est encore.

Bon je vais faire court dans les prochaines questions.

Depuis combien d’années travaillez-vous dans le milieu de la publicité ?
Ça fait déjà 10 ans, sans compter les stages.

Comment passez-vous  de muchimuchi à Buzzman ?
On avait un peu l’impression d’être en train de se gâcher dans le métier. On en voulait plus. Alors on a commencé à monter un dossier et aller voir des agences. Plein. Mais il y avait cette agence qui nous faisait envie. Buzzman. A l’époque le nom sonnait bien. Et ils faisaient déjà pas mal de bruit avec leurs campagnes. On voulait vraiment y aller. On a balancé un petit courrier marrant au boss puis on l’a relancé par Facebook en mode intrusif. Il nous a proposé de rencontrer des seniors. Et ce jour-là, on l’a croisé par hasard à l’agence. Au culot on lui a dit qu’on voulait bosser ici, faire un free, n’importe quoi… Il nous a donné notre chance.

Parlez-nous de deux trois choses que vous avez faites :
La vérité c’est qu’on existe dans la pub que depuis notre intégration chez Buzzman. On nous a briefé au tout début sur Tipp-ex, une aubaine… C’était le bon brief et la bonne réponse au bon moment. Un putain de bon concours de circonstance. Depuis on a fait pas mal de trucs dans la même agence donc. Quelques films viraux qui nous font marrer. 3 ans de campagne européenne super insightée pour Meetic. On a aussi créé un masque de réalité olfactive pour South Park, vendus des frites à l’unité pour BK et fait pleurer Internet avec 30 Millions d’amis. Voilà c’est un peu notre Best Of.

Love your imperfections de Meetic, 2014, 2015 et 2016

Hovertray de Burger King, 2015

Single Fries de Burger King, 2016

Non à l’abandon de 30 Millions d’Amis, 2016

Nosulus Rift, Ubisoft 2016

Who’s the King de Burger King Belgique, 2017

Tipp-ex aura été un gros ramasseur de prix et de visibilité, on le vit comment ?
C’est assez jouissif mais c’est aussi du stress… comment faire mieux par la suite ???

C’est assez compliqué à vrai dire… mais on ne crache pas sur les récompenses. On essaye d’oublier Tipp-ex, pour toujours tenter de faire mieux. Mais on a beau faire de nouvelles campagnes, on reste « le team qui a fait Tipp-ex ». On n’est pas malheureux en tout cas.

Vous avez tous les deux vécu l’expansion de Buzzman qui, depuis 2012, a beaucoup évolué. Louis, tu disais il y a six ans que l’agence a été un tremplin pour toi. Dirais-tu aujourd’hui que tu les as aidés autant qu’ils t’ont aidé ?

Louis : Bien sûr, c’est donnant-donnant. Ça fait près de huit ans qu’on est chez Buzzman et pourtant avec Tristan on a l’impression d’avoir vécu dans trois agences différentes. Buzzman nous a fait grandir à travers ses différentes mutations. Et on a également fait grandir l’agence.
Tristan : Ouais… En fait c’est plus un trampoline qu’un tremplin vu qu’on n’a jamais bougé… Haha mais Buzzman nous a fait passer de Team “Rigolus“ Junior à Directeur de Création et on a un peu aidé l’agence à passer de “bande de quinze potes qui foutent le bordel“ à agence indépendante incontournable sur le marché français.

Quand avez-vous remarqué cette transition de notoriété ?

Louis : Pour nous, comme pour l’agence, c’est simple : un jour on n’existait pas, le lendemain notre campagne Tipp-ex faisait le tour du monde, on ne s’y attendait pas. Buzzman non plus. Tout le monde parlait de Buzzman, tout le monde voulait faire des campagnes à la Tipp-ex. Il y a donc eu cette première étape un peu “sans transition“ comme dirait un vieux journaliste.

Tristan : Après l’effet Tipp-ex, le plus dur c’était de rester sur le devant. Aussi bien pour Buzzman que pour « ouns » comme dirait Georges. Après, l’agence a enchainé quelques coups pour consolider sa notoriété et petit à petit elle s’est structurée pour occuper la place qu’elle a aujourd’hui dans le secteur. C’est-à-dire une agence qui peut rivaliser contre des géants de la com.

Louis : On s’en est rendu compte quand la table de ping-pong a été remplacée par un babyfoot.

Tristan : Au fait « ouns » ça veut dire « nous » en verlan. Mais c’est naze, je n’aime pas, je préfère le verlanver, c’est du verlan remis à l’endroit genre « je suis trop vénérvé là ».

Louis : C’est simoisi

Louis tu as hésité à faire de la pub ?
Quand j’étais plus jeune, je voulais faire du dessin, puis lors d’une porte ouverte, j’ai compris que dans la pub je pouvais m’éclater tout en côtoyant un univers très créatif (photo, vidéo, dessin…). Alors j’ai foncé. En réalité il n’y a pas eu trop d’hésitation.

Vous faites quelque chose en parallèle du taff, des passions ?
Louis : Je dépense une fortune en cinéma… et j’essaie de continuer à dessiner quand je trouve le temps, ça me détend… J’aime la photo, mais je n’ai aucun talent… Je ne suis pas ce genre de créatif qui expose à Paris dans des galeries underground. En gros je laisse aux vrais artistes le soin de nous faire rêver.

Tristan : Je lis des comics un peu underground style Daniel Clowes, Charles Burns ou Joe Daly, j’adore ce mec. Sinon, des jeux de merde sur iPhone. Mais genre plein. Niveau 257 à Candy Crush, 356 objets sur Little Alchimy et j’aime bien aussi les jeux vintage, y’a tous les Sonic et Streets of Rage gratos sur mobile. Mais y’a surtout des tas de trucs que je ne fais pas. Ou que je ne fais plus. De la zik par exemple. Je n’en fais plus. Le cinéma, j’y vais plus. Voilà.
C’est surement parce que je suis un jeune papa, avec Sylvie (ma femme) on élève une petite Louise de 10 mois. Alors je joue à la balle, au nounours et je lui raconte mes scripts aussi haha.

Louis, tu disais que vous étiez anxieux à l’idée de faire mieux que Tipp-Ex.
Qu’en dites-vous aujourd’hui, tous les deux ?

Louis : C’est dur, quand on démarre par une campagne qui devient un hit mondial. Tout le monde en parle, même les clients veulent « un truc à la Tipp-Ex ». Mais cette campagne est sortie, on ne peut pas la copier, on ne peut plus l’égaler. Mais il faut continuer à travailler, à exister en tant que créatifs mais en gardant ce titre de « bons créatifs attendus au tournant » ça met la pression mais ça va on a l’impression de mieux la gérer maintenant. On a fait pas mal de campagnes depuis dont quelques-unes n’ont rien à envier à Tipp-Ex.

Tristan : T’imagines, on aurait pu être le team qui a fait juste Tipp-Ex comme les mecs des années quatre-vingt qui ont fait qu’une seule chanson. Et on se serait retrouvé vingt ans plus tard sur un bateau croisière à rejouer notre campagne à succès devant un public d’étudiants vieux.

Dans ton métier quel est ton meilleur souvenir ? Et le pire ?

Louis : Le tournage Bic rasoir « human curling » était assez impressionnant. D’une part, je partais à Los Angeles pour la première fois de ma vie… et d’autre part, tourner avec des américains c’est assez « awesome » ! Par contre tourner à Los Angeles et être enfermé dans une patinoire c’est assez frustrant, mais c’est mon meilleur souvenir de publicitaire.

Sinon j’ai la chance de ne pas avoir vécu de truc atroce dans la pub… cela dit j’ai participé à quelques PPM et le temps est très long.

Tristan : Je crois que mon pire souvenir est aussi le meilleur. C’est le jour où JoeyStarr a voulu me “Mettre une claque dans ma bouche“ tout ça parce que je l’avais accueilli sur un tournage en lui disant poliment “Bonjour Mr Starr“ Je croyais que c’était son nom moi. C’est le pire parce je savais plus où me mettre ce jour-là mais c’est le meilleur parce que tout le monde peut pas se la raconter en disant qu’il a failli se faire déboiter par JoeyStarr. Nan y’a juste un singe, une hôtesse de l’air et moi.

Citez nous quelques-unes de vos pubs préférées :

Louis : Les pubs de Goude m’ont toujours fait rêver. De Kodak en passant par Perrier et Channel. Je trouve ses pubs incroyables.



Tristan : Je ne suis pas trop nostalgique des vieilles pubs. A part celles où y’a des changements de mascotte dans les céréales. Genre le remplacement de Gros Quick par Quicky ça m’a flingué quand j’étais môme. Faudrait que tu la retrouves pour faire ma thérapie.

Plus actuellement, j’adore tous les trucs un peu conceptuels qui jouent sur le média. Les Geiko “Can’t skip this ad“ ou “If we made it“ de Newcastle Brown Ale et aussi “The Swedish Number“. J’aime bien aussi les comédies débiles. Le truc avec Jeff Goldblum pour Curry Christmas Ad ou ce spot complétement génial de Oldpsice : “Five Year Plan.“

Et le gros divertissement qui claque aussi, je kiffe bien. Write the future, je peux le regarder tous les jours sans me lasser. Et tous les spots de 72 and Sunny pour Call of Duty : “Codnapped, The Replacer, the Kill Cameraman“.






Louis : D’accord avec Tristan et je rajouterais : Intermarché ‘ l’amour’.
Ça fait du bien ce genre de film. Et puis c’est français !

 

Vous avez des inspirations, des modèles de travail ?

Tristan : On a pas mal de références en commun. On est souvent nostalgique des vieux films américains des 1990. Les héros de notre jeunesse. D’ailleurs quand je regarde ce qu’on fait avec du recul, j’ai parfois l’impression que ça se retrouve dans ce qu’on produit sans que je le veuille. Tu vois, on a fait Hover Tray, référence à Retour vers le Futur, on a fait un truc Mikado ou tu tombes dans un film un peu comme dans Last Action Hero. Et aussi une campagne Durex Digital Love avec la simulation technologie d’un orgasme sexuel, comme dans ce film de Stallone, Demolition Man : ils ne se touchent pas mais leurs casques projettent des images sexuelles l’un et l’autre. Voilà nos inspirations : Du cinéma, des séries, de la musique aussi.

Louis : C’est vrai que tu es musicien, toi. Mon truc c’est plutôt la photo, le dessin. Je me suis découvert le design d’objet récemment, l’architecture, la décoration d’intérieur. Voilà ce que c’est de dépasser la trentaine : retaper mon appartement m’a passionné, ça reste de la création en même temps !
Tristan : Et y’a bien sûr la pub qui inspire la pub. Les autres agences aussi, peut-être celles que tout le monde cite. DDB, Marcel en France, sinon Droga5, Forsman, 72andSunny qui font des bijoux publicitaires. Toutes les campagnes Skittles, Old Spice, Call of Duty, Nike qui nous ont fait kiffer. Ce genre de campagnes qui donne envie de faire pareil. C’est inspirant. On aime aussi le travail de Romain Pergeaux, dont le succès est inversement proportionnel à la perte de ses cheveux.

Avez-vous réussi à travailler avec des créatifs qui vous inspirent ?

Louis : Même si peu de campagnes print sortent de Buzzman, on a eu la chance de travailler avec Sacha Goldberger. Il a beaucoup de talent. Après c’était plutôt des réalisateurs, surtout spécialisés dans la publicité. On aime beaucoup Vincent Lobelle et ce qu’il fait, un bon réal avec lequel on s’est beaucoup rapproché. J’aimerais beaucoup travailler avec Iñárritu mais on a pas encore gagné le budget Nike donc ça va être compliqué.
Tristan : On a travaillé avec Ramzy quand même…

Louis : Lol, ouais, mais un rêve en commun serait de travailler avec Jean-Claude van Damme.

Tristan : Grave. J’aurais adoré faire le grand écart de Volvo – mais avec Iñárritu en réal.

Comment est-ce que vous travaillez ensemble ? Vous avez une méthode ?

Louis : C’est compliqué à décrire, chacun a sa méthode. Une fois, des suédois étaient venus à l’agence, ils avaient un tableau. Dans leur bureau, un vrai tableau, avec différentes cases qu’ils cochaient où étaient écrits des thèmes publicitaires connus : disruption, comparaison, échange de rôle… C’était une vraie matrice. Nous, ça a toujours été un peu chaotique même si on a des automatismes. Mais impossible de revenir à la genèse d’une idée.

Tristan : Les matrices des suédois, nous comme d’autres sans doute le font comme ça sans s’en rendre vraiment compte. D’ailleurs, je crois que c’est important de se laisser aller. Si on devait faire de la création en remplissant des tableaux Excel se serait triste. Et on se ferait piquer notre boulot par des intelligences artificielles.

Et vous n’avez expérimenté aucune autre team, ni l’un ni l’autre ?

Tristan : On s’est rencontré il y a dix ans, on a eu nos propres parcours avant. Mais ça montre à quel point c’est important de trouver la personne avec qui ça marche bien, qui te pousse à donner le meilleur.

Louis : Pareil, j’étais avec d’autres personnes avant. Un jour Tristan est arrivé, je me suis retrouvé avec lui, on a travaillé ensemble et voilà. On est toujours là. Pour savoir si ça match, il faut se demander si tu peux te livrer sans avoir peur d’un jugement, c’est comme l’amitié. C’est naturel, ça va tout seul.

Tristan : D’ailleurs c’est ça. Louis et moi on est amis, c’est ça le secret. C’est notre force.

Avez-vous trouvé vos études formatrices, avec le recul ?

Louis : J’ai commencé à René Descartes, en IUT, pendant deux ans. Des bons sont sortis, comme Romain Pergeaux que j’ai rencontré là-bas. C’était très formateur parce que j’y suis rentré en sachant que je voulais faire de la publicité. En fait, je voulais vraiment faire de la pub depuis tout gamin. Mais il n’y avait pas pub à la maternelle. J’ai dû attendre, mais une fois à l’école de pub, j’allais en cours sans me forcer. Je kiffais. Je suis ensuite passé par Sup de Pub et après j’ai fait des stages.

Tristan : J’ai longtemps cherché ce que je voulais faire. Je me suis inscrit en Sciences de la matière à la fac. Je voulais découvrir les secrets de l’Univers. Mais quand j’ai eu zéro à mon 1er partiel de maths, j’ai compris que je n’allais rien révolutionner. J’ai bifurqué en arts du spectacle, puis finalement j’ai fait un IUP en communication, ça m’allait assez bien sans idée précise en tête. J’ai découvert le métier de concepteur-rédacteur par hasard, je ne connaissais pas du tout. Mais ça avait l’air cool. Alors j’ai cherché à faire un stage en agence, puis deux. J’ai dû faire un an et demi de stages en fait, je n’ai rien lâché. J’ai bien fait de continuer lol.

Un an et demi de stage, c’était légal tout ça ?

Tristan : Ça a changé. C’est plus très légal, on se faisait un peu exploiter.

Louis : J’ai fait à peu près autant de stages, parfois sans même être payé. Six mois de stage sans rien par exemple. On a commencé il y a longtemps, la législation a évolué depuis. Je me souviens de mes premiers stages, j’avais dix-huit ans. Je n’ai jamais autant appris que devant des vrais briefs ; à l’école le jugement n’est pas le même, tu as des semaines entières pour travailler un sujet. En agence, tu te retrouves face à des monstres de la publicité qui te sortent des idées en un rien de temps. Et tu dois suivre.

Tristan : Que ce soit à la fac ou en école, les stages c’est payant. Enfin des fois c’est pas payé comme dit Louis mais c’est hyper formateur. On n’apprend jamais autant que sur place. Il y a des vrais gens avec des vrais métiers qui ont des vraies problématiques. Et ça l’école ne peut pas complètement t’y préparer.

Vous avez encore du temps libre pour lire, faire de la photo, aller au cinéma ?

Louis : Pas assez. Le travail, surtout chez Buzzman, est chronophage. Il faut savoir donner de son temps. Après on est passionnés par la publicité. Mais on a quand même une vie, on sort. La vérité c’est que les horaires n’existent pas dans le monde de la publicité. Tu peux venir travailler le week-end, c’est un choix de vie mais tu peux aller au cinoche en semaine…

Tristan : Il faut trouver le temps même si on ne l’a pas. S’il n’y a que le taf, la vie est triste.

Si un génie apparaissait pour vous demander trois vœux chacun, quels seraient-ils ?

Tristan : Alors pour moi ce sera un menu best-of Big Mac, à partager avec tous mes potes et… Non c’est naze.

Louis : Ça se réfléchit. Mais j’aimerais que Buzzman soit au bord de la mer. A Barcelone par exemple. Je verrai la mer de mon bureau, j’irai me ressourcer les pieds dans l’eau. La vérité c’est qu’il faut rester à Paris pour faire de la publicité en France. Mais Paris est tellement un enfer par rapport à d’autres villes dans le monde.

Tristan : Tu veux aussi la paix dans le monde ?

Louis : Non. Le pet dans le monde. T’as vu tes vœux toi ? Avec le Big Mac, tes amis pour la vie… On dirait Miss France.

Tristan : Haha ! Et je veux aussi que ma fille aille dans l’espace pour percer les secrets de l’univers comme je voulais au début mais je n’ai pas pu à cause d’un zéro en maths.

Louis : Je ne sais pas. Si, je sais : trouver un appartement tout de suite pour réjouir une famille que je pourrais construire. Et ne jamais être en manque d’idées pour palier à la peur de la page blanche, pour avoir des idées pour toute notre carrière, aussi grande soit-elle. Et peut-être réaliser, écrire un film, un roman.

Tristan : En fait je sais. Je n’ai qu’un seul vœu. Ce serait de tout recommencer pour refaire pareil.

Louis : Pff… Miss France lol.

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