Bonjour Christophe, tu es DA/DC chez BETC Digital quel a été ton parcours ?
Après un bac d’arts appliqués à Lyon enthousiasmant où j’ai eu beaucoup de mal a m’orienter car toutes les disciplines m’intéressaient. Mes longues soirées sur un Amiga m’ont dirigé vers un BTS Communications Visuelle, pas de bol, l’école était conservatrice et je n’ai quasiment pas touché un ordinateur pendant 2 ans.
Une formation post-BTS était nécessaire pour découvrir les Mac et les PC, je me passionne alors pour la 3D et entre dans la vie active comme animateur dans une boîte de jeux vidéo. N’étant pas à l’aise avec le statut d’intermittent du spectacle, j’ai rapidement pris un poste de webdesigner au quotidien lyonnais « Le Progrès ».

2 ans plus tard, en 2000, je rencontre un free-lance qui faisait l’article du logiciel FLASH auprès de mon service, on s’est tout de suite entendu, sentant que l’un complétait l’autre et n’allons plus nous quitter. Il s’appelle Ivan Beczkowski. Je le rejoins dans une petite agence interactive, Cospirit Lyon, pour travailler sur le plus gros budget d’e-pub de l’époque : le FAI Infonie et partons dans un vraie frénésie créative. Ivan imagine et vend, je maquette et réalise. Notre chance, c’était d’avoir pour voisins les planneurs média du compte, nous avons pu beta-tester tous les nouveaux formats IAB (Interactive Advertising Bureau) qui venaient d’être créés. Nous sommes mutés a Cospirit Paris en 2001, puis je rejoins Ivan en 2003 a BETC Interactive pour faire du print, c’est un comble !

L’agence ferme, j’étais vraiment déçu car elle était pleine d’énergies et de talents. Nous restons, Ivan et moi, à BETC grâce a notre budget print, la business school de Fontainebleau, l’INSEAD. Mais petit a petit, nous récupérons des sujets interactifs de l’agence…Les sujets digitaux prenant de l’ampleur, nous avons vu évoluer les sujets passer de simples bannières publicitaires à des films interactifs et sites événementiels. L’équipe de 2 personnes en 2004 est passée a plus de 40 aujourd’hui. J’essaie péniblement de continuer de maquetter et réaliser malgré notre rôle de DC, Ivan et moi.
Nous sommes toujours resté en team, lui principalement sur l’idée et les mécaniques digitales, moi sur la réalisation et production.

Depuis combien d’années travailles-tu dans le milieu de la publicité ?
Quelles publicités ? Celles de la Province dans le quotidien régional où je réalisais de 4×3 annonçant les évènements locaux ou celle des grandes agences parisiennes ?
La première depuis 13 ans, l’autre en rejoignant BETC il y a 8 ans.

Tu as hésité a faire de la pub ? Qu’est ce qui t’as donné envie d’en faire ?
Ça s’est fait naturellement, le milieu du jeux-vidéo était un peu effrayant, on travaillait le jour, jouait en réseau la nuit, bref l’illustration des parfaits geek.
Rejoindre le web et la communication correspondait finalement à mes études, mon premier CDI une bouée de sauvetage, puis ma rencontre avec Ivan a précipité les choses.

Tu fais quelque chose en parallèle de ton métier ?
C’est un métier chronophage, j’essaie aujourd’hui d’accorder le plus de temps à ma famille, j’ai peu de temps pour d’autres loisirs. Avant mes enfants, je m’engageais finalement dans quantité de projets très proche du boulot, la création et maquette d’un magazine d’Ados (« Moove »), prof de 3D en école, site de e-commerce…
J’espère qu’un jour je trouverai du temps pour réaliser un rêve, me faire éditer ma première BD…

Quelles sont tes références dans le milieu de la bd ?
Je dessinais énormément pendant mes études. Avant le magazine d’ado, nous éditions des Comics américains en français (Editions Spark), cela m’a donné l’occasion de rencontrer des auteurs. Ciro Tota m’a alors expliqué que la BD c’était une histoire avant d’être une affaire de dessin. Cette phrase a tout changé et mes goûts sont devenus très éclectiques. Mes références restent Moebius & Loisiel, impossible d’oublier ces premières claques.

Le character design m’intéresse beaucoup. Les événement pictoplasma semblent dingues !

Et les jeux vidéos maintenant ça a quel place dans ta vie ?
Le monde du jeu vidéo est une vraie source d’inspiration, tout comme le cinéma, d’ailleurs les 2 se rejoignent, « Heavy Rain » en est un bel exemple.
Je continue de m’y intéresser, tester les nouveautés, découvrir de nouveaux gameplay ou ergonomie.

Tu travailles avec qui et sur quoi chez BETC Digital ?
Yvan, et je travaille également avec les AD de l’équipe, des créatifs free-lance, autant avec les commerciaux et les développeurs, car je suis très impliqué dans la production. Le métier digital reste très technique, j’ai besoin de le maîtriser, le diriger pour avoir un résultat équivalent à nos ambitions, voir au-delà.
En réduisant le nombre d’intervenants (créatifs/commerciaux/développeurs…), ceux-ci sont encore plus impliqués. Le projet devient leur « bébé », c’est comme ça que les bonnes surprises arrivent !
Les sujets de l’équipe sont principalement des e-pub et sites évènementiels pour Peugeot, Canal+, Canalsat, Disneyland Paris, Air France, 13ème Rue…Je maquette enfin sur une application iPhone et proposons de plus en plus d’événements physiques connectés au web. Mixer les médias est passionnant, mais encore un fois, en maîtriser la technique est primordial pour voir ses projets se réaliser.

Parles nous de deux trois choses que tu as faites en pub qui t’ont marquées
Le prix qui m’a le plus marqué n’est pas un lion cannois mais notre premier « SiteOfTheDay » aux FWA (Favourite Website Award : un site qui récompenses les meilleures créations digitales internationales, autant le concept que la réalisation).

Je rêvais de ce prix (pourtant pas impossible, me direz vous, il y en a 365 par an) et nous l’avons obtenu grâce au travail acharné d’une équipe restreinte sur le site de la Tour de la Terreur pour Disneyland Paris. Ce prix récompensait beaucoup de travail, mais validait un mode d’organisation en studio auquel je croyais fermement depuis longtemps.

L’autre sujet, c’est jetueunami.com, né de l’alchimie d’un CR « tradi » (Olivier Apers), d’un CR digital (Ivan) et d’un AD/real digital.
Résultat : 2 lions à Cannes, mais surtout 22 millions de visites, la plus belle récompense pour un site « viral ».

Dans ton métier quel est ton meilleur souvenir ? et le pire ?
Le souvenir le plus plaisant et la réalisation du website « La tour de la terreur », notamment le week-end où nous sommes tous restés (chef de projets, créas et dev) pour finaliser le projet. Travailler ensemble autour du projet.
Le pire est très récent sur un tournage où la camera ne fonctionnait pas, juste ça. Le plus triste est quand Google US a annulé la veille de sa mise en ligne une campagne « Street View FR » dont nous étions fières.

Le truc qui t’a fait le plus halluciner ? que tu pensais pas faire un jour ?
Graphiste de formation, je ne pensais pas participer à des tournages. J’adore ça !

Quelles sont les pub qui t’ont le plus marquées ? que tu aurais aimé faire ?
Mes 2 grosses claques sont les websites « Get the Glass » en 2007 et « CokeZeroGame » en 2008.
Le premier pour l’idée, la qualité de la réal, la personnalité, le game play. Ce site date de 4 ans maintenant et n’est pour moi toujours pas égalé !
Le second pour le scénario et la réal confondant complètement le monde du ciné & celui du jeu vidéo.

Tu as des modèles de créatifs ? des gens qui t’inspirent ? pourquoi ?
Les Suédois de North Kingdom en tout premier. Ils ont signés les 2 précédentes références citées et inspirent tous les créas interactifs.
Ils ont une personnalité très forte, ont désigné leur locaux, réalisent des vraies maquettes des décors, de la 3D, du film, etc… Ils sont aussi dingues que ILM à leur début ! J’adore quand la réalisation nous fait oublier les contraintes techniques, je ne peux pas oublier de citer aussi le studio suédois B-Reel ou les français Les84.

Tu vois quoi comme changement depuis tes débuts ? Et tu penses que le milieu va évoluer de quelle manière ?
Les budgets du monde du jeux-vidéo dépassent aujourd’hui ceux du cinéma. J’espère que le web ou les médias interactifs évolueront de la même manière pour ressembler aux prod TV, travailler dans le même confort financier et délais.

Tous les créas interviewés prédisent la “domination” du digital, tu en penses quoi ?
Digital, c’est un peu flou comme terme. Je préfère parler de nouveaux médias.
Dans la pub, on a toujours cherché l’innovation. Hier le web, aujourd’hui le mobile et l’application et demain les installations interactives, pourquoi pas ? Mais comme le disent certains, ce sera toujours « l’idée » qui dominera, peut importe le média.