clement vidal - Clément Vidal

Bonjour Clément tu es Associate Creative Director chez AKQA, quel a été ton parcours étudiant et professionnel ?

Pour être honnête, j’ai fait un peu tout et n’importe quoi …

J’ai commencé par un Bac technologique au Lycée Paul Augier à Nice spécialisé dans l’hôtellerie plus particulièrement la cuisine car je voulais faire quelque chose de concret.
Après mon Bac je me suis dit que la cuisine c’était pas fait pour moi mais je savais toujours pas vraiment quoi faire, du coup j’ai continué sur ma lancée dans la même école en faisant une mention sommellerie (Bac+1). Après cette année passée à boire du vin à partir de 9h du mat et sillonner les routes de France à faire les vignobles je me suis dit qu’il fallait que je trouve quelque chose de concret à faire finalement.

J’enchaine donc sur un IUT tech de commerce qui sera pour moi une révélation si petite soit elle car je n’aimais que les cours de communication.
Puis direction Sup de Pub pour deux ans ou j’obtiens mon master 1 et enchaine les stages chez DDB avec mon rédac à l’époque Thibault Pitois.

Depuis combien d’années travailles-tu dans le milieu de la publicité ?
Premier stage Février 2011 – donc à peu près 6 ans.

As-tu hésité à faire de la pub, tu aurais fait quoi à la place ?
Non j’avais trouvé ce truc et je m’y suis accroché, ça me plaisait et par rapport à ce que j’avais fait avant j’avais l’impression de m’amuser donc j’ai pas réfléchi, j’ai foncé.

Tu travailles avec qui et sur quoi ?
J’ai commencé chez DDB Paris en stage en team avec Thibault Pitois (qui d’ailleurs maintenant a arrêté la pub pour monter son atelier de menuiserie) sous le team Olivier Lefevre et Benjamin Marchal.
On s’est fait les dents sur Brandt, Winamax et Le petit Marseillais.

Puis ensuite chez Cake Paris avec Alban Pénicaut et Vincent Boursaud (que je prenais pour un mentor alors que je viens d’apprendre dans l’interview précédente qu’il venait de commencer la pub comme moi) ou là où j’ai fait mon premier tournage pour Orange Sosh.

Puis quelques mois de freelance chez BETC sous la direction de création d’Ivan Beckzkowski (qui m’a pris sous son aile et m’a beaucoup appris) après 4 mois, je décroche mon premier contrat en tant que directeur artistique. Nos routes se séparent avec mon rédac et je fais la connaissance de Fanny Molins avec qui je bosserai plusieurs mois et d’Esteban Merlin avec qui je me suis mis en team et gagna mes premiers prix sur Canal+, Evian et Peugeot.

Après 1 an et demi on avait envie de nouveaux challenges et AKQA venait d’arriver en France, on fait deux entretiens et nous voilà là-bas. Puis Esteban est parti pour monter sa boite et je me suis mis à bosser avec Mads ‘Jeppe’ Rasmussen en tant que senior creative team. J’ai bossé environ 2 ans avec lui avant qu’il parte lui aussi pour San Francisco continuer sa start-up. Ça fait maintenant à peu près 4ans et demi que j’y suis, je travaille en tant que Associate creative director principalement sur Nike, SG Rugby & Google.

Parles nous de 2-3 choses que tu as faites :

Canal+ The Interactive form

Nike Fuel guide

Google We Wear Culture

AirBnB #DingDong

Google Curiocity

Tu fais quelque chose en parallèle de ton métier, des projets, des passions ?
Je fais de la photo en parallèle, je bosse sur des séries en ce moment. Ça me prend pas mal de temps, quand je bosse pas je fais ça.

https://www.instagram.com/clmvidal/

http://www.fubiz.net/2017/10/24/lifestyle-photography-by-clement-vidal/


clement photo - Clément Vidal

Dans ton métier quel est ton meilleur et pire souvenir ?
Mon meilleur souvenir. Je vais la faire originale, mes premiers lions je dirais – Je rentre de vacance et quand je descends de l’avion à Nice chez mes parents je vois 14 appels manqués d’Esteban … Je le rappelle et il me demande si je suis bien assis, je lui réponds que non, que j’attends ma valise à l’aéroport. Il m’annonce qu’on vient de gagner 3 lions d’or pour notre campagne Canal+ The Interactive form.

Ma valise a eu le temps de passer 4 fois devant moi et mes parents de faire 4 fois le tour du kiss and fly. Au lieu d’aller chez mes parents manger la bonne daube que ma mère m’avait préparé je leur ai demandé de m’emmener à Cannes. Ils étaient triste que je parte mais quand même fiers de moi.

Mon pire et surement mon meilleur aussi. Je suis en tournage pour ce fameux film Sosh avec Alban Penicaut aux 2 Alpes et à l’époque mon rédac Thibault avec deux skieurs professionnels … ça faisait 3/4 ans que j’avais pas fait de ski et Thibault non plus et en plus j’avais 40° de fièvre … Ce jour-là j’ai du louper une dizaines de tire-fesse, Thibault a failli se casser le coccyx sur une piste noir et est resté bloqué dans de la poudreuse d’un hors piste.

Le soir même c’était mon anniversaire et je me suis dit « chanmé Pénicaut va payer ses tournées au bar » mais il avait perdu sa carte bleu sur une des pistes … je me suis donc trouvé à rincer des coups le jour de mon anniversaire dans un bar qui sentait la tartiflette pour être poli. (Pour l’histoire il m’a quand même remboursé). C’était fou mais c’était cool.

Quelles sont les pubs que tu préfères, tes classiques ?

Google Chrome Dear sophie

Nike – Take it to the next level

Apple iPhone Christmas

Intel – The beauty inside

House of clicks

Honda – The other side

Leica 100

Google – 360° Spotlight story Pearl

Volvo Moments

Tu as des modèles de créatifs dans la publicité ? ou en dehors des gens qui t’inspirent ?
Oui il y en a plusieurs, sans conteste mes DC Peter Lund & Nicolai Smith qui m’ont beaucoup appris et me font encore apprendre chaque jour.
Des photographes, comme Todd Hido, Dan Sully, Christopher Anderson ou encore Tyronne Lebon.
En real/dop je dirais Gustav Johansson, Philippe Tempelman, Daniel Wolfe, Chayse Irvin, Chivo Lubezki …

Tu vois une différence de culture entre des DC français et étrangers ?
La culture du craft qui est beaucoup plus présente j’ai l’impression du moins avec mes DC.
Puis la manière de travailler n’est pas la même, je trouve ça plus inclusif dans le modèle anglo-saxon ou tout le monde à un rôle À jouer, il y à moins de barrière je dirais.

Tu vois quoi comme changement entre tes débuts et maintenant ?
Des cheveux blancs.

Le milieu publicitaire va évoluer de quelle manière ?
J’en sais trop rien … mais de ce que je vois je dirais que les datas nous aident de plus en plus à construire des solutions solides pour nos clients.
The ‘House of Clicks’ en est l’exemple parfait, construire la maison de demain grâce aux recherches / demandes des consommateurs.
Je pense qu’on va être amené à créer de nouveaux produits / supports, en croisant toutes ces données cela va ouvrir de nouvelles possibilités.

Le contenu exclusif aussi, disponible uniquement via des produits.
L’exemple du Nike connected NBA jersey est incroyable.
On suit plus un athlète sur les réseaux sociaux on vit avec lui, on sait ce qu’il mange, comment il s’entraine, ce qu’il se passe dans les vestiaires à un instant T juste grâce à une puce RFID sur son maillot n’importe où n’importe quand.
De plus en plus je pense que les objets physiques vont avoir des histoires à nous raconter.

Si tu commençais la pub aujourd’hui, tu irais ou ?
En France je dirais DDB, Sid Lee, AKQA et à l’étranger RGA, Foresman & Bodenfors,180, W+K.
Mais on peut faire ses armes n’importe où et bosser à fond pour aller ensuite là où on veut.

AKQA se définit comment ? une agence de pub classique ?
On reste une agence de publicité mais on va dire moins classique que certaines.
On dit « The imaginative application of art and science », pour la faire simple, toute les agences ce sont mis au digital, ça veut plus vraiment dire grand chose. Du coup on essai de se démarquer en s’appuyant sur les nouvelles technologies pour créer le future pour nos clients à travers des services, du design produit etc …
Exemples:
– Nike rise : Une app connectée à un terrain de basket en LED pour aider les coach à créer des exercices adaptés aux joueurs pro en temps réel
– Nike NTC : Un coach pro à la maison avec des milliers d’exercices gratuit
– Nike connected Jersey

En plus de ça, on fait bien entendu des films, activations, PR, social et même parfois des prints… comme toutes agences ça dépend de nos clients et de leurs besoins.

Tu fais quoi pour améliorer la planète ?
Je recycle mes idées comme tout créatif … non sans déconner, dans notre travail, on essai de trouver les bons insights et de les transformer pour que ça touche un maximum de personnes, que ça change les perceptions ou encore éduque les consommateurs sur des sujets sensibles ou autres mais c’est pas tous les jours qu’il y a de grandes idées qui sont capable de faire ça et des clients qui acceptent de s’engager.

On va dire que à petite échelle la publicité y contribue, voici quelques campagnes m’ont marqué:

Que dirais-tu à quelqu’un qui veut percer dans le milieu publicitaire ?
Je vais sûrement me répéter avec les autres mais faut avoir la dalle.
Être proactif, aller chercher les briefs et proposer un maximum d’idées.
Surtout pas attendre que quelqu’un te donne du travail.
Prendre les devants et avoir une opinion.
Après tout c’est un métier d’opinion donc il faut dire ce que l’on pense, oser.
Regarder autour de soi, rester curieux, observer les gens…
Car c’est eux qu’on doit toucher.
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