Bonjour Ingrid, tu es DA chez Tbwa, tu es passé par quoi pour en arriver là aujourd’hui ?
1997: Diplôme école d’art privé Maryse Eloy mention très bien / 1997-2002: Ass DA TBWA / 2002: DA Ailleurs Exactement / 2003-Aujourd’hui: DA TBWA

L’école d’art que j’ai faite ne formait pas particulièrement à la publicité. La publicité était une discipline parmi d’autres que l’on a survolée de très très haut. J’ai fait mon premier stage dans une boite de packaging, mon deuxième dans une boite de stylisme. J’en suis sortie par exemple sans savoir qu’il fallait travailler avec un rédacteur puisque dans cette école nous ne travaillions pas en équipe.
Le diplôme de fin d’année était décerné par différents représentants du packaging, de l’illustration, du graphisme… et de la publicité représentée par Benoît Schmider qui me voyait bien dans la pub .

J’avais une proposition d’embauche dans une boîte de packaging mais j’ai préféré faire un troisième stage dans une agence de publicité. Je l’ai fait chez Lintas, puis j’ai été embauchée chez TBWA (rue du pont neuf) comme Assistante de Jean Louis Leclerc sur Nivéa et Henkle avec Coffre et Taube. Jean Louis a été un DA très sympa il me laissait faire des propositions en conception et en mise en page mais le quotidien de Henkle et Nivéa était dur.

J’ai essayé de prendre des briefs à côté. J’ai réussi à faire 2 annonces pour Absolut Vodka shootées à Londre, c’était ma première victoire et l’excitation que j’ai ressentie a été aussi forte que lorsque j’ai eu par la suite des awards. Puis j’ai pris des briefs sur le crédit foncier, j’ai habillé un TGV avec du graphisme, une annonce pour la vache qui rit, rien de suffisant pour me faire remarquer. Au bout de 2 ans j’ai finalement compris qu’il fallait absolument avoir un rédac pour passer DA et je me suis mise à rechercher rédac désespérément. Je me souviens en avoir essayé 5 différents sans succès.

Puis j’ai rencontré mon mari Benoit Leroux (rédac déjà casé) qui m’a donné son avis bien veillant sur mon dossier et de très bons conseils qui ont provoqués chez moi un vrai déclic. J’ai continué de travailler mon dossier à fond désormais avec mon coach personnel qui me disait «Fais en d’autres, ça non je t’assure, cherche encore», Ensuite je me suis fais licencier par Erik Vervroegen qui venait d’arrivé et devait faire une charrette d’après une liste qu’on lui avait fournie.
j’en ai profité pour lui montrer mon dossier et il m’a dit qu’il était aussi bon que celui de certain séniors de l’agence et que si je n’avais pas retrouvé d’ici un an il me réembaucherait! J’ai trouvé comme DA chez Ailleurs Exactement mais en parallèle j’envoyais régulièrement des travaux par la poste à Erik Vervroegen pour qu’il ne m’oublie pas.

J’ai rencontré de nombreux créatifs qui m’ont encouragée, comme Olivier Camensuli, Eric Helias et George Carreno, et surtout Damien Bellon qui m’a encouragé à aller voir une boite de prod Magali Film pour réaliser un de mes scripts. C’est ce que je fis. C’était pour des rasoirs féminins. J’ai dit à Magali que j’irai vendre le film à Erik Vervroegen pour Bic Ladys. Erik l’a acheté et m’a réembauché dans la foulé.
Mon Film Bic lady réalisé par Xavier Pallud à reçu du Silver aux Eurobest, Merit ADC et entry in book aux D&AD.

Depuis combien d’années travailles tu dans le milieu de la publicité ?
13ans

Tu as hésité a faire de la pub ? Qu’est ce qui t’as donné envie d’en faire ?
Au début je voulais être affichiste comme Batory, Saul Bass, Roman Cieslewicz… Puis des campagnes telles que Tag Heuer d’Eric Holden et Rémi Noël, Benetton, une campagne contre le racisme, m’ont décidées à faire de la publicité.

Tu travailles avec qui et sur quoi chez Tbwa ?
Actuellement je travaille avec Glen Troadec sur différents budgets dont entre autre : Nissan, Aides, Playstation, Mc Donald’s, Michelin, La Monnaie de Paris, Sncf, …

Parles nous de deux trois choses que tu as faites (en pub et en dehors) que tu apprécie
Mon film Aides graffitis parce qu’il est à la fois explicite, léger, et sérieux, c’est un équilibre qui n’était pas évident à trouver. Parce qu’il a fait un énorme buzz , a reçu des Lions d’Or et autres Awards et qu’il est connu et reconnu en dehors du milieu publicitaire.

Ma campagne Mir Laine car c’est une campagne de lessive qui sort des schémas classiques et ça a été ma revanche sur mes 5 longues années d’assistanat sur Henkle!

Mon film Young responsable drivers pour son côté choquant et interpellant.

Ma campagne Nissan cube Pour la simplicité du message et l’impacte du visuel.

Et aussi ma campagnes Aides tag dont j’ai dû faire la réalisation seule car il n’y avait pas assez de budget sur ce brief pour la produire et qui a remporté un lion de bronze.

Tu fais quelque chose en parallèle de ton métier, une passion ?
Le crochet façon créative, et le yoga pour rester zen.

Avant Glen avec quel autres redac as tu fricoté ?
Véronique Sels (4 ans) et Pierre Louis Messager (1ans).

Dans ton métier quel est ton meilleur souvenir ?
La rencontre de mon mari.

et le pire ?
J’ai reçu pas mal de claques, ça m’a fait perdre la mémoire.

le truc qui t’a fait le plus halluciner ?
De pouvoir rentrer entièrement dans un pull.

ce que tu pensais pas faire un jour ?
Diriger une photo en maillot de bain dans une piscine pour Porto cruz

Quelle est, historiquement, la pub qui t’a le plus marqué
il y en a plein…Carlton peut être “it’s a big ad” ou bien Fox “Beware of
things made in October” ou bien Hamlet ou bien Lewis avec Flat Eric …

Celle que tu aurais aimé faire ?
il y en a encore plus…Mais je dirais le cas Tipex “A hunter shoots a bear” parce que c’est frais, drôle et malin, que ça utilise les médias modernes.

Avec quel créas aimerais tu travailler (real photographe créas…)
Photographe : Eugenio Recuenco, réal : Quentin Dupieux, Quentin Tarantino….

Tu as des modèles de créatifs dans la publicité ? des gens qui t’inspirent ?
J’ai des modèles d’annonces et de films plus que de créatifs.

Si tu commençais la pub aujourd’hui, tu irais ou ?
A l’étranger

Tu penses que le milieu va évoluer de quelle manière ?
Je pense qu’il faudra toujours trouver des idées originales et impactantes peu importe le support.