cecile pimont - Cécile Pimont



Bonjour Cécile, tu es rédac senior chez B-reel à Los Angeles quel a été ton parcours étudiant & professionnel ?

Après un Bac L en poche, j’ai tenté de rentrer à l’IUT info-com de Paris où j’ai échoué.
Mais ne m’avouant pas vaincu, j’ai décidé de m’occuper avant de retenter l’année suivante.
J’ai décidé de démarcher des agences de pub pour faire un stage en pensant que ça m’aiderait pour mon dossier d’entrée à l’IUT.

J’ai fais 6 mois de stage dans une petite boîte de pub à Boulogne et j’ai retenté l’admission à l’IUT l’année suivante. Pour la petite histoire, ils m’ont encore recalé et j’ai tenté le tout pour le tout en leur écrivant une lettre enflammée qui m’a miraculeusement obtenu l’admission.

Après deux ans à l’IUT, je me suis dirigée vers Sup De Création à Roubaix. J’ai vécu deux années hyper-intenses en compétition, émotions fortes et sandwiches aux maroilles. C’était une école vraiment incroyable mais difficile, on était dans une sorte de monde parallèle où tout était tourné vers l’école et les stages. On était reclus du monde, à 24 dans l’école.

Et après ?
A la fin de mes études à Sup De Cre, j’ai décroché un stage chez CLM BBDO. Les stages dans notre école se décrochait au mérite – plus ta team était bien classée plus tu avais de chance de postuler pour le stage dans l’agence de ton choix. Benjamin Marchal était un ancien de l’école et M.Pommier notre directeur le connaissait bien donc on a pu lui montrer notre book.

J’ai été embauchée après mon stage et j’ai passé 1 an chez CLM BBDO ou j’ai énormément appris au côté de Benjamin Marchal et Olivier Lefevbre. Ils m’ont poussé à toujours faire du pro-ac sur le côté et à aller au bout de mes idées.

Ensuite j’ai passé une autre année chez Herezie pendant laquelle l’envie de partir vivre aux États-Unis commençait à me titiller.

Je ne connaissais personne dans les agences américaines mais j’ai décidé de le faire à l’ancienne et j’ai envoyé des emails à toutes les agences américaines que je pouvais trouver. Environ 350 mails plus tard, j’ai obtenu 3 entretiens dont un chez AKQA.

6 mois plus tard, Pieyre-Alexandre et moi nous envolons chez AKQA Portland où nous avons travaillé pendant 2 ans sur Nike.

Ensuite on s’est fait embauché par Chris Garbutt qui commençait à restructurer TBWA Chiat Day à NYC où nous avons passé un peu plus d’un an à bosser principalement sur un retailer canadien – Sport chek. Puis lassé du froid et du stress de NYC, on s’est dirigé vers Los Angeles où nous sommes actuellement créatifs seniors chez B-Reel.

Depuis combien d’années travailles-tu dans le milieu de la publicité ?
Cela va faire environ 7 ans.

As tu hésité à faire de la pub, tu aurais fait quoi à la place ?
Oui j’ai hésité. Je voulais être psychologue pendant très longtemps et puis j’ai décidé de faire ce que je pensais à l’époque un mix entre sociologue et rédactrice.

Tu travailles avec qui et sur quoi ?
En ce moment je travaille avec Pieyre-Alexandre Treuil chez B-Reel à Los Angeles.

Nos clients principaux sont Google et Netflix. On fait beaucoup de tech et de développement de produits.

Parle-nous de 2-3 choses que tu as faites :
Le projet qui me tient le plus à cœur est définitivement Sortie En Mer.

Lorsqu’on était en stage chez CLM BBDO avec Charles Dessaux, on a eu accès à un brief ouvert à toute l’agence, sur une compétition pour un gilet de sauvetage. On a vendu l’idée à Ben&O mais on n’a pas gagné la compet’ avec.

On a mis près de 3 ans à sortir le projet, trouver le bon client…
Ça nous a demandé beaucoup de persévérance et de détermination.

Sortie en mer case study from Grouek on Vimeo.

Ce qui est rigolo, c’est qu’ensuite il y a eu pleins de discussions à ce sujet sur Reddit et pleins de gamers se sont mis à essayer de “battre” le simulateur.

 

Toujours avec Charles Dessaux chez CLM, on a réussi à créer une application “Purrometer” où en gros tu peux shazamer les ronrons de ton chat pour découvrir à quel point il t’aime. C’était très fun à faire.

 

Avec mon DA actuel Pieyre-Alexandre Treuil on a bossé sur Nike Football pendant 2 ans chez AKQA Portland et on a fait pas mal de choses pour eux.

Des films pour lancer des tournois

 

Un jeu-vidéo rétro

http://www.magistaxbreakthrough.com

Une opé pour lancer une nouvelle chaussure où on a glitché toutes les plateformes de Nike pendant 48 heures dont le site nike.com. Bloquer leur site e-commerce était un gros risque pour eux vu qu’il génère beaucoup d’argent mais ils ont accepté de jouer le jeu pour l’ope.

Mais surtout le truc le plus improbable et le plus fou que j’ai pu faire, c’est de créer des chaussures pour des joueurs de foot. C’était juste de la pure folie.
On a fait une chaussure hommage pour Paul Pogba où chaque détail retrace un moment de sa vie.

pimont 1 - Cécile Pimont

pimont 3 - Cécile Pimont

Pour la petite histoire c’est parti d’un tee-shirt avec lequel il s’est affiché pendant un match avec l’inscription “ RLS city boys “. C’est le nom de son crew d’enfance de Roissy en Brie. Du coup on a construit toute l’histoire des crampons autour de ça. On a même créé un design basé sur les plans de la cité où il a grandit.

Et puis on a continué sur notre lancée et on a fait une chaussure pour un autre joueur, Lewandowski. On a passé énormément de temps à chercher des détails intéressants de sa vie pour les retranscrire dans la chaussure. Il nous a écrit un email pour nous remercier et nous dire à quel point il avait été touché. Ça, c’était vraiment un moment hors du commun.

Bon et puis plus récemment chez B-Reel on a participé à la création d’un assistant AI hyper lunatique. En gros on a remarqué que tous les assistants Google Home et Alexa étaient hyper robotiques et sans personnalité et on a voulu expérimenter et créer un nouveau genre d’AI.

Tu fais quelque chose en parallèle de ton métier, des projets, des passions ?

Je fais pas mal de dog training,  j’ai un Shiba Inu très anxieux et compliqué et du coup je me suis intéressée à l’éducation canine. Quand je vivais à NYC je faisais partie de la direction d’un refuge d’animaux, je l’ai ai aidé à développer leur communication.

Sinon j’ai une passion honteuse, je fais de la peinture sur numéros. Surtout des croûtes très très moches, mais c’est thérapeutique pour moi ça me détend.

Pour faire la fille un peu plus cool mais pas très originale, je fais pas mal de photos.
Et je suis un juge permanent au FWA depuis 4 ans ce qui me permet de voir pleins de projets cools tous les jours.

Ah oui aussi, je regarde énormément de séries.
Genre vraiment beaucoup.

T’as un top 5 de séries tv ?

Top of the Lake
The Handmaids Tale
The Affair
Narcos
Broadchurch

Dans ton métier quel est ton meilleur et pire souvenir ?

Un de mes pires souvenirs reste mon départ de CLM, sur le moment je l’ai très mal vécu.

Mais avec du recul, c’est sans doute la meilleure chose qui me soit arrivé.
Ça m’a appris des leçons de vie et de boulot très tôt et surtout ça m’a forcé à sortir de ma timidité et  rencontrer pleins de créas à qui j’ai montré mon doss.
Comme Jean-François Bouchet qui à l’époque m’a énormément aidé et encouragé. Big up à Patrice Lucet et Phillippe Boucheron pour m’avoir donné pleins de contacts aussi.

Le pire souvenir, c’est sûrement quand je vivais à NYC – je me suis fait virer de mon appartement avant même d’y emménager (longue histoire).
En gros, j’étais à la rue sous 3 jours dans une ville que je ne connaissais pas, avec tous mes cartons qui arrivaient de Portland.
Et ce week-end là, j’avais besoin de chercher un appartement d’urgence et mon DC m’a forcé à venir bosser le week-end malgré ma situation précaire. Ça c’est gravé dans ma mémoire à tout jamais.

Les meilleurs souvenirs, il y en a pleins !

Quand Ben&O m’ont appelé à Portland pour me dire qu’on avait 5 Lions dont un Lion d’or je t’avoue que c’était assez fou.

Aussi, quand on s’est fait embaucher chez AKQA Portland avec P-A en partant de rien, c’était sûrement un des moments les marquants de ma carrière.

Le truc qui t’a fait le plus halluciner ?

C’est quand dans une des agences dans laquelle j’ai bossé, on a embauché des figurants pour faire croire aux clients qu’on était deux fois plus nombreux que la réalité.

Quelles sont les pubs que tu préfères, tes classiques ?

La classique qui me fait toujours sourire c’est le chasse neige de VW

La plus poétique Mr Wind

La plus sportive Tag de Nike

La plus musicale Mountain pour Playstation

Plus récemment une pub contre les armes qui m’a beaucoup marqué surtout depuis que j’habite aux US

Et Da Da Ding de Nike India que j’adore

Puis toutes les pubs P&G Thank You Mom parce que franchement ça te met une claque à chaque fois et que c’est super insighté.

 

Tu as des modèles de créatifs dans la publicité ? ou en dehors des gens qui t’inspirent ?

Benjamin Marchal et Olivier Lefebvre ont été mes premiers DC et m’ont énormément inspiré tant sur le plan créatif que managériale.

Jean-François Bouchet et Emmanuel Courteau sont aussi deux créatifs avec un talent absolument incroyable qui m’ont beaucoup aidé dans ma carrière tant par leur conseil que pour m’aider à prendre confiance en moi.

Sinon aux US, Carren O’Keefe qui est DC de Analog Folk m’a prise sous son aile et m’a beaucoup appris. C’est aussi un des rares modèles féminin que j’ai pu rencontrer dans la pub.

Puis il y a Cindy Gallop, qui est une publicitaire britannique qui se bat pour l’égalité homme/femme dans la pub et en général. Elle fait beaucoup de talks aux US, elle est hyper connue ici.

En dehors de la pub, il y a Paul Watson, le fondateur de Sea Sheperd qui est un activiste écologiste absolument incroyable. C’est un grand homme qui fait beaucoup avancer le droit des animaux entre autre.

Il y a peu de créative reconnues en France ?
Pourtant dans les écoles de pub c’est 50/50 etudiant.e.s

Je pense que l’accès aux hauts postes pour les femmes créatives en France est très difficile d’accès.  Malheureusement, la plupart des gens embauchent les gens qui leur ressemble – du coup comme 98% des DC français sont des hommes blancs, on se retrouve avec un paysage créatif majoritairement blanc et masculin.

Puis bon, on ne va pas se mentir le sexisme perdure dans le paysage publicitaire français même si toutes les agences prônent l’égalité des sexes et salariales on en est très loin.

Tu vois quoi comme changement entre tes débuts et maintenant ?

Quand j’ai commencé je faisais partie de la première génération experte en digitale, maintenant c’est chose commune. Je dirais que le social est devenu une machine à sous pour les agences et que ça a beaucoup tué la créativité.

Sur un autre sujet, je dirais qu’on travaille beaucoup plus vite, avec des délais de plus impossibles à tenir au détriment des gens. De plus en plus de créatifs se mettent en free-lance pour ce genre de raisons et je pense que même si les agences traditionnelles ne fermeront jamais totalement, elles sont sur le déclin.

C’est quoi les différences entre la vie/ les process des créas aux USA et à Paris ?

Alors je vais commencer par la différence de vie.

J’ai une bien meilleure qualité de vie ici à tout point de vue. Déjà parce que je gagne bien mieux ma vie mais aussi parce que le coût de la vie est moins élevé ici (à L.A.).

J’ai beaucoup plus de temps libre après le travail, je finis plus tôt et je travaille globalement moins. C’est con à dire mais comme il y a des OGM partout dans la bouffe, je suis obligée d’acheter bio si je ne veux pas me retrouver avec un troisième œil sur le front. Donc globalement je mange mieux, je fais beaucoup plus de sport et je passe plus de temps dans la nature.

Pour le boulot, c’est très différent entre Paris et les USA.

Le processus varie énormément d’une agence à l’autre en fonction de sa localisation et de sa taille. Mais ayant bossé dans 3 agences dans 3 États différents, je peux te faire un compte-rendu de ce qu’elles ont toutes en commun.

Je dirais que le rythme des deadlines est beaucoup plus rapide ici. Ça frôle le n’importe quoi.

On a également beaucoup plus de réunions ici. Ça rythme nos journées et ça fait partie de notre boulot. Je peux enchainer facilement 4 heures de meeting et c’est très chiant pour tout te dire.

Autre chose de plus sympa, les créatifs présentent leur boulot aux clients ici quel que soit ton niveau. Ça te permet de mieux comprendre ce que veut le client en direct plutôt que de le faire par téléphone avec les commerciaux.

Dans les grosses boîtes, il y a également beaucoup plus de couches décisionnaires et de, ce que j’appelle, demi-titre. Tu as tellement d’appellation dans la pyramide que tu t’y perds :

Junior Copywriter – Copywriter – Senior copywriter- Associate creative director – Creative director – Groupe creative Director – Executive creative Director – Chief Creatif Officier – Dieu

Sinon globalement, le marché du travail est plus dynamique ici et le recrutement très différent. En France les DC décident de quelles équipes ils veulent embaucher, c’est assez direct. Et c’est aussi dû au fait que la créa en France est concentrée sur Paris, du coup les DC connaissent tout le monde.

Aux US, c’est une chasse au talent. Les cabinets de recrutements “traquent” les créatifs sur Linkedin et passent leur temps à essayer de placer des gens dans telle ou telle agence. Du coup tu peux débuter un job quelque part et recevoir une offre d’un recruteur qui te propose un job ailleurs. Les créas c’est un peu des joueurs de foot qui passent de club en club.

Et c’est pour çà que si l’agence est médiocre ou bien qu’elle offre des mauvaises conditions de travail les créas trouvent un autre job et partent. Les salaires sont donc forcément largement négocié ainsi que les clauses : tu peux demander à bosser de chez toi ou avoir plus de vacances… Tout ça dépend bien entendu de ta valeur sur le marché.

Pour finir, les créatifs français n’ont rien à envier aux créatifs américains, ils sont bien meilleurs pour les idées.
Je vais même te dire un secret, les meilleures campagnes américaines sont faites par des étrangers vivant aux US.

Pourquoi si peu de français vont bosser au USA alors ?

Parce que déjà il faut très bien parler anglais et que la plupart des français ont peur de ne pas être à la hauteur.

Ensuite parce que ça demande un peu de courage et d’accepter de sortir de sa zone de confort et au final peu de gens sont prêt à sauter le pas.

Dernièrement je dirais qu’obtenir un visa de travail est compliqué et coûteux pour une entreprise, il faut donc avoir une vraie plus value sur le marché.

C’est quoi l’ordre d’idée de salaire des gens  junior / senior  ?
À NY il faudrait quel salaire pour avoir le même niveau de vie qu’à Paris avec un salaire de 50k€ brut ?

Bon alors déjà les salaires dépendent de beaucoup de choses – ta rareté sur le marché, tes années d’expérience, tes awards mais aussi où tu vis et la taille de l’agence. On ne gagne pas le même salaire à Portland qu’à NYC parce que le coût de la vie est beaucoup plus élevé à NYC.

Un salaire de créatif junior aux US c’est en moyenne entre 35K$ et 50K$

Un salaire de senior franchement ça varie beaucoup d’une agence à l’autre je dirais entre 80K$ et 120K$ (On se parle en $ pas en €).

Il y a un site super bien foutu ici qui s’appelle Glassdoors – tu peux accéder à la moyenne salariale agence par agence et tu peux lire les avis des employés. Ça t’évite de mettre les pieds dans une agence qui ne te convient pas et tu peux estimer ta valeur avant de négocier.

J’ai jamais gagné 50K à Paris du coup j’aurais du mal à te dire mais je dirais que l’équivalent pour NYC serait autour de 100K parce que NYC c’est hors de prix. Un 2 pièces se loue entre 2000 et 3000 dollars donc forcément tu dois avoir un salaire plus élevé.

Tu comptes rester au USA, revenir à Paris ? en Europe ?

C’est une bonne question que je ne cesse de me poser. Je n’ai pas vraiment encore trouvé la réponse.

Ça va dépendre du climat politique et racial qui se dégrade de jour en jour ici et dans lequel il devient difficile de vivre. Pourquoi pas revenir en France mais ça dépendra des offres. Dans ce cas je me vois plutôt faire du free-lance. À voir.

C’est qui les gens de ta génération ?

Pour tout te dire, une bonne partie des créatifs de ma génération ont arrêté la pub, sont partis bosser à l’étranger ou sont passés freelance. Je crois que la frustration de ne pas réussir à produire des projets alliés aux bas salaires et aux horaires difficiles ont conduit nombre de créatifs à arrêter et à se lancer dans des carrières plus concrètes et moins stressantes.

Pour ceux qui font toujours de la pub: Victor Chevalier (Romance), Maxime Dos Santos (free), Cecile Rubin (free), Emilien Point (FF), Christelle Bochet (McCann Dakar), Emilie Coulon (Being), David Philip et Olivier Mularski (TBWA), Julia Deshayes (TBWA), Charles Dessaux (BETC), Emilie Pellicer (Buzzman), Fanny Loubiere (Free)

Le milieu publicitaire va évoluer de quelle manière ?

Je vais te dire comment j’aimerais qu’elle évolue.

Qu’elle soit plus représentative du monde qui l’entoure et qu’on arrête de véhiculer des clichés sexistes et racistes dans nos pubs. Pour tout ça, il faut du bon sens, un peu de bonne volonté et surtout de la diversité dans les embauches.

Chaque pub qu’on sort aussi petite soit-elle peut renforcer un cliché soit faire évoluer un tout petit peu les choses. On ne changera pas le monde avec la pub mais on peut au moins éviter qu’il ne devienne plus dégueulasse.

Pour la réalité, on va faire de plus en plus de Content, de moins en moins de TV, et de plus en plus de digital. Je pense que les partenariats pour du brand content avec Buzzfeed ou Vice vont devenir de plus en plus fréquents.

Si tu commençais la pub aujourd’hui, tu irais ou ?

A l’étranger. Parce qu’il y a plus d’opportunités.

A NYC, il y a l’agence Joan qui a une direction 100% féminine et qui a déjà produit des campagnes fortes de par leur ADN.

A Los Angeles, Watson D/G créé des supers sites expérientiels pour des films et j’adore tout ce qu’ils font.

En France, sûrement chez BETC. C’est une agence progressiste qui évolue constamment et cherche à se moderniser. Elle a compris que le bien-être de ses employés est importante pour la productivité. C’est aussi une agence qui produit des campagnes que même ma grand-mère connaît.

TBWA Paris produit de supers campagnes depuis que Ben et Faustin sont passés DC là-bas, j’irais bosser avec eux les yeux fermés.

Plus globalement, j’irais là où les agences ont des personnalités fortes et des parti pris. J’irais là où les DC font passer la créa au premier plan et où la politique est laissée de côté.

Tu peux envoyer un mail à la Cécile de 18 ans, tu lui dis quoi ?

« Ne te fais pas tant de soucis pour tout. Tu n’es pas plus bête qu’une autre, peut-être même moins. Aie confiance en toi. »

Que dirais-tu à quelqu’un qui veut percer dans le milieu publicitaire ?

Mettez l’idée au centre de tout. N’oubliez pas qu’un média n’est pas et ne sera jamais une idée.

N’ayez pas peur d’être différents .Trouvez votre unicité.
N’essayez pas d’être bon dans tout mais plutôt trouvez dans quoi vous excellez.

Trouver un mentor, quelqu’un qui vous inspire et demandez lui des conseils. Ne pensez pas tout savoir d’avance, le chemin est long et on peut apprendre de n’importe qui.

N’allez pas dans une agence connue, allez là où les DC sont talentueux. Ce sont eux qui font l’agence pas l’inverse.

Et pour finir travaillez intelligemment : ne restez pas à faire des charrettes tous les soirs pour rien, économisez-vous et sachez dire non. Je pense que d’encourager ce genre de comportement est toxique. Les charrettes font partie du milieu mais les agences en abusent. L’acceptation globale et commune du rester tard et de travailler les week-ends rend tout le monde misérable.

Pour être un bon créatif soyez curieux, sortez, allez au ciné, lisez, rencontrez des gens différents.

 

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