moine

Bonjour, quel a été ton parcours pro/ tes études ?
Bonjour, J’ai fait l’IUT info-com Publicité de Paris V, puis j’ai enchainé trois stages dans trois agences vraiment différentes les unes des autres, les ouvriers du paradis (RIP), Publicis Conseil et Scher Lafarge.
C’est Gilbert Scher qui m’a embauché au moment où l’agence devenait H (RIP).

Depuis combien d’années travailles-tu dans le milieu de la publicité ?
8 ans.

Tu as hésité a faire de la pub ?
J’ai su ce que je voulais faire au bon moment, juste avant de remplir mes vœux sur admission-postbac.fr
Mais j’ai été assez jeune captivé par la publicité et l’intérêt qu’elle suscitait pour tout le monde. Elle faisait partie intégrante de la télévision pré-internet. Les nuls, les Inconnus, les guignols la parodiaient. Certaines publicités passaient aux enfants de la télé au même titre que les sketchs de Jamel et tout le monde se marrait. La pub Renault « Get up » notamment m’avait marqué. Pour moi qui n’avais aucune velléité « artistique », la pub c’était le moyen le plus direct de m’inviter sur le plateau.

Tu travailles avec qui et sur quoi ?
Je travaille avec Julien Doucet depuis 6 ans. On commence tout juste chez Jésus et là tout de suite on bosse sur Radio Nova et Quick.
Chez H/les Gaulois, on travaillait sur Citroën et Transavia.

Parles nous de deux trois choses que tu as faites :
Bip Bip. C’est aussi simple et couillon que le nom qu’on lui a trouvé. C’est assez rare je crois qu’un film plaise à la fois au grand public et aux publicitaires. La chose qui m’a fait le plus plaisir c’est lorsque ma mère m’a rapportée une scène qu’elle a vu dans la cour de récrée de son collège où des gamins se rejouaient la pub. C’était un peu mon « get up » à moi. C’est aussi grâce à ce film que mes amis ont compris ce que je faisais comme boulot. Aux soirées j’ai souvent le droit comme introduction à « c’est le mec qui a fait bip bip ».
#SnackHolidays « c’est le mec qui fait des chips » marche moins bien côté mondanité, mais on n’est quand même pas mécontent de l’avoir dans notre dossier cette idée-là.

Et puis il y a la radio.
C’est mon laboratoire. J’en parle parce que c’est un peu sentimental avec elle. Comme personne ne voulait y toucher à l’agence, je m’y suis beaucoup collé à mes débuts. Pour un rédac c’était assez jouissif d’avoir cet espace d’expression et d’expérimentation. J’étais assez libre puisque tout le monde s’en foutait et j’y ai testé beaucoup, beaucoup d’idées. Bon, après avoir dit tout ça, j’avoue que je n’écoute plus la radio à cause de la pub.

Tu fais quelque chose en parallèle de ton métier, des projets ?
J’écris pas mal de choses sur des carnets que je stocke et que j’ouvre très peu par la suite. Des bribes d’idées, des bouts de textes. Le projet le plus concret dont je pourrais parler ce sont des nouvelles que j’écris, que j’enregistre et que ma belle-sœur met en musique. Si si la mi-fa.

Dans ton métier quel est ton meilleur souvenir ? et le pire ?
Mon pire souvenir c’est un film Citroën qui, on en reste persuadé (on a pas mal d’orgueil), partait d’une bonne idée. On nous a imposé tout le reste. Le tournage a été un supplice et nous n’avions pas besoin de voir le montage pour savoir que c’était une bonne daube. Il n’y avait rien à faire pour sauver l’idée et nous étions de toute façon bien seuls à vouloir sauver quelque chose. Nous avons compris pas mal de choses pendant ces quelques jours. On a grandi tout d’un coup et c’était certainement nécessaire. La pata negra était pas mauvaise ceci dit.

Le truc qui t’as fait le plus halluciner ? que tu ne pensais pas faire un jour ?
Bosser un jour à Puteaux. J’étais pourtant sûr d’avoir choisi le bon métier.

Quelles sont les pubs qui t’ont le plus marquées ?


Mais non je pleure pas, c’est le vent.

C’est bien non ?

Ma définition de l’audace :


Et harvey nichols « sorry i spent it on myself ». Tout est parfait : la real, les produits, les prix à Cannes, tout.

Il y a des modèles de créatifs dans la publicité ? des gens qui t’inspirent ?
J’aimais beaucoup le travail de l’agence Santos à Buenos Aires il y a quelques années. Malheureusement on ne voit plus grand chose d’eux depuis quelque temps, ni même leur site internet toujours en construction.

En dehors de la publicité ?
Je lis beaucoup de bd et de romans graphiques. Chris Ware notamment. Toute son œuvre est d’une justesse incroyable, son dessin comme la narration. Bastien Vivès aussi pour son sens du dialogue et du rythme. Et puis les RAB de Gotlib, forcément. C’est un peu comme la radio, c’est sentimental.

1681628-slide-slide-8-chris-ware-brilliantly-bundles-building-stories

11301476_10152724233907271_2027091932_n 11104064_10152724233922271_1737821934_nTu vois quoi comme changement entre tes débuts et maintenant ?
Quand j’ai commencé on parlait tous de 360°, puis de 360, mais finalement ça restait très compartimenté. L’idée se déclinait et on prenait les choses dans l’ordre. Aujourd’hui il faut réfléchir dès le début beaucoup plus librement. L’idée prévaut, le support s’adapte et ce n’est pas plus mal. Sinon j’ai toujours connu les délais courts et les budgets très restreints. Une fois dit, ça me permet de me différencier des vieux seniors sur ce site d’interview.

Tu penses que le milieu va évoluer de quelle manière ?
Lors de notre passage chez Havas New York, nous sollicitions Google et Youtube lors de la prise de brief client. J’imagine que déjà Google et Youtube ne prennent plus la peine de solliciter les agences de pub pour répondre directement aux clients. Créa chez Youtube, ça me va aussi. Tant qu’il y a des idées il y aura du travail pour nous. Non ? Ah.

Si tu pouvais recommencer ton parcours étudiant tu ferais quoi ?
Intégrer Oxford et participer à la boat race. J’aurais bien aimé connaître l’ambiance sur un campus. Sinon pour devenir rédac, je ne regrette rien dans mon parcours.

Capture d’écran 2015-05-26 à 14.53.28

Si tu commençais la pub aujourd’hui, tu irais ou ?
Ogilvy, BETC ou Jésus . Il y a vraiment une bonne raison d’aller dans chacune d’entre elles. Si j’avais le choix je serais bien embêté.

Que dirais-tu a un team de stagiaire qui veut percer dans le milieu publicitaire ?
Je leur donnerai le même conseil qu’on m’a donné quand j’ai commencé.

.

.