avantpost

Bonjour Adrien Weibel, Johan Mossé et Quentin Berthelot, vous faite partie de l’atelier « Avant-Post » , quels ont été vos parcours pros / vos études ?

http://avantpost.fr

ADRIEN : J’ai d’abord passé un bac ES, puis ne savant pas quoi faire en sortant du lycée je me suis retrouvé à la fac d’éco où je suis resté 1 an, le temps de découvrir la joie des amphithéâtres et l’angoisse de ces études. Après ça je suis rentré directement à l’ECV d’Aix-en-Provence. C’est d’ailleurs la que j’ai rencontré Quentin et Johan, ainsi que Anais Bourdet et Hind Mahmoudi avec qui on a monté le collectif 5M. Collectif qui a donc débuté en 3ème année et qui a perduré 2 ans après la fin de nos études.

Une fois le master en poche, on s’est tous les 5 installés dans un local à Marseille et on a commencé à taffer en freelance tout en gardant le collectif en parallèle pour s’épanouir graphiquement. On à fait des workshops de typographie à l’ECV, différentes expos, etc.
C’est là que, personnellement, j’ai décidé d’émigrer sur la capitale en commençant à travailler comme D.A junior chez One qui à été racheté et intégré au sein de Lowe Strateus. J’y suis resté 6 mois, le temps de comprendre que les agences de pub n’étaient pas vraiment mon truc, même si l’expérience fut très enrichissante. 
Après ça j’ai fait du free avec quelques agences de design graphique avant d’être engagé comme D.A chez Publicis Royalties, spécialisé en branding et identité visuelle. J’ai passé 1 an là-bas, c’était une très bonne expérience dans une agence à taille humaine, mais c’est aussi là que j’ai compris que travailler en agence (avec des très gros clients et donc de très faible marges de manoeuvre en terme de création) n’était pas pour moi.

On s’est donc séparés d’un commun accord et je me suis remis en freelance. C’est là que, voyant qu’avec Quentin et Johan notre amitié était toujours très forte et notre envie de travailler ensemble toujours présente, nous avons décidé de monter notre structure. Ils m’ont donc rejoints sur Paris durant l’été 2014 pour commencer à créer le studio.

JOHAN : Personnellement, je suis arrivé à l’ECV Provence directement après mon bac, en sachant depuis longtemps que je souhaitais devenir graphiste. À partir de là, il y a toute une période commune avec Adrien et Quentin (le collectif 5M notamment).

Après le diplôme, je me suis installé à Marseille et j’ai travaillé pendant 4 ans en indépendant : la quantité et la qualité des projets ont augmentées progressivement, jusqu’au point où je me suis senti prêt à monter le studio Avant:post, qui représentait pour tous les trois un objectif depuis très longtemps. Nous étions tous les trois conscients de ne pouvoir nous épanouir qu’au sein d’une structure que nous aurions créée nous-même, que ça soit sur le plan professionnel ou personnel. Ayant toujours vécu dans les Bouches-du-Rhône, c’était un peu le «grand départ» pour moi, et aujourd’hui je suis plus que satisfait de ce choix.
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QUENTIN : Pour ma part, j’ai choisi d’étudier le graphisme plutôt que la musique à la sortie du lycée et ce choix a été déterminant puisque je me suis vraiment trouvé une fois à l’ECV Provence. Durant la période entre l’obtention du diplôme et la création d’Avant:Post, j’ai travaillé en freelance pour différents types de clients, mais aussi pour différentes agences de communication à Marseille, tout en continuant de bosser avec Adrien & Johan (et le 5M) sur certains projets. Le constat a été assez simple pour moi : je préfère travailler en équipe, de préférence avec des gens que j’aime.

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Depuis combien d’années travailles-tu  ?
A-J-Q : Et bien on est sortis de l’ECV en 2010, donc ça fait bientôt 6 ans que l’on travaille. Sachant que depuis l’école, on a toujours gardé l’habitude de travailler entre nous, ça fait un bon moment qu’on se connait par cœur.

Tu as hésité a faire ce métier ?
JOHAN : Personnellement, je voulais faire de la bande dessinée quand j’étais jeune adolescent. Quelques années plus tard, je me suis mis au graffiti et au final, c’est assez tôt et naturellement que je me suis dirigé vers le design graphique. Ça m’a permis de faire évoluer ma passion pour le dessin de lettre vers une activité viable et tout aussi créative.

QUENTIN : Comme dit plus haut, pour moi c’était la musique ou le graphisme. Et c’est le dernier qui a gagné !

Tu travailles avec qui et sur quoi ?

AVANTPOST : On travaille avec pas mal de structures différentes et sur différents supports.
Il y a beaucoup d’architectes, un théâtre (la scène nationale de Martigues), une boite de production musicale, un festival de musique à Marseille, un restaurateur, un fabricant de peinture, une boite de production cinématographique, etc. On fait principalement de l’identité visuelle, donc création et refonte de chartes graphiques et de logotypes, création d’affiches, mais aussi de l’édition à travers des programmes, des livrets, etc.

On se dirige également de plus en plus vers la direction artistique de shootings photos, notamment en collaborant depuis la création de l’atelier avec Samuel Guigues, qui réalise la plupart des images de nos projets, et c’est un de nos objectifs principaux avec Avant:post. Après, on aime les nouveaux challenge, en ce moment on travail sur la réalisation d’un clip pour le groupe de musique Mr Crock (la fameuse panne en Mini). On n’a pas de formation pour la vidéo mais on aime s’engager sur des nouveaux terrains de jeux, persuadés que des bonnes idées peuvent s’appliquer à n’importe quel support. On travaille aussi en partenariat avec l’agence Gaspard + Bruno spécialisé en web, ce qui nous permet de pouvoir gérer des projets à 360° avec une vision d’ensemble créative et des gens talentueux sur qui nous reposer.

Parles nous de deux trois choses que tu as faites :
AVANTPOST :
Alexandre Mazzia
Les Salins 2015
Joke Food

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Tu fais quelque chose en parallèle de ton métier, des projets ?
AVANTPOST : En dehors des projets commerciaux, on se permet de faire des projets graphiques ou photographiques personnels, mais toujours collectivement, au sein du studio Avant:post. Donc pour répondre à ta question, non, on n’a pas prévu de lancer un label de musique ni une ligne de prêt à porter.

Dans ton métier quel est ton meilleur souvenir ? et le pire ?
ADRIEN : Personnellement, mon meilleur souvenir, c’est le shooting photo du projet Stop Départ. On devait communiquer sur la création de notre studio et on avait décidé de faire un énorme shooting photo mettant en scène les étapes d’une course de relai en athlétisme pour faire le parallèle avec le lancement du studio (le départ, la course, les passages de relais, l’arrivée, etc). Le shooting devait servir ensuite de matière photo pour créer et imprimer une affiche et des cartes postales que l’on envoyé à 200 personnes triées sur le volet. Résultat : on a préparé l’ensemble du shooting pendant 1 mois et demi, et on a passé une journée mémorable avec Samuel Guigues au studio photo La Plateform. C’était vraiment excitant de voir toutes ces personnes investies dans le seul but de nous aider à créer quelque chose de beau et de personnel.

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JOHAN : Si je dois choisir un très mauvais souvenir, j’ai en tête ce trajet Paris-Le Havre qu’on a fait en Septembre dans une veille Austin Mini pour le tournage d’un clip qui sortira bientôt. Je me rappelle notamment de la panne violente sur le retour vers Paris, avec la voiture entièrement enfumée sur le bord de l’autoroute, sous des trombes d’eau en pleine nuit, avec une dépanneuse qui nous annonce qu’elle arrivera dans une heure et demi et sans batterie.

Le truc qui t’as fait le plus halluciner ? que tu ne pensais pas faire un jour ?
AVANTPOST : On est encore tout jeunes, les trucs vraiment hallucinants sont pour bientôt, du moins on l’espère.

Quelles sont les travaux extérieurs qui t’ont le plus marquées ?
JOHAN : Personnellement, j’aime beaucoup le travail de Hort pour Nike depuis longtemps. Ma passion pour la typo me pousse aussi à admirer les boulots d’Alex Trochut, par exemple, même si ça n’est pas le genre de direction que je développe. À un niveau plus «pub», je trouve que le virage pris par Monoprix à l’époque de la refonte de toute leur charte graphique (et notamment les packagings) est particulièrement bien pensé, bien ciblé, et finalement assez osé dans le contexte français.

QUENTIn : Je suis très sensible au travail d’OK-RM, qui est toujours conceptuel tout en restant très maîtrisé et parfaitement réalisé. De la même manière, le travail du duo australien U-P me plaît beaucoup, le résultat de leurs créations est toujours bien pensé et bien conçu.

Tu as des modèles  ? des gens qui t’inspirent ?
AVANTPOST :  En France, on apprécie pas mal le travail de studios comme Akatre, Les Graphiquants, Atelier Tout Va Bien, Le Creative Sweatshop, Ill studio, Twice, Spassky Fischer, VLF… C’est un spectre assez large, finalement. Si on regarde au delà de nos frontières, on va citer OK-RM, Deutsch & Japaner,  et globalement on est assez sensible aux styles allemands, hollandais et suisses. On garde toujours une certaine admiration également pour des gens d’une autre génération, du genre Sagmeister ou Toilet Paper.

Tu vois quoi comme changement entre tes débuts et maintenant ?
AVANTPOST : Lorsqu’on était à l’ECV, on avait déjà conscience d’être au milieu d’une vague qui voyait énormément de gens se diriger vers les métiers de la communication. On avait ce sentiment d’embouteillage, et on pensait que la bulle allait exploser. On se rend compte aujourd’hui que ce n’est pas le cas, et que le nombre de nouveaux professionnels continue d’augmenter régulièrement, avec ses bons et ses mauvais côtés (l’émulation créative à l’échelle nationale et internationale, mais également la concurrence accrue et les tarifs à la baisse).

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Tu penses que le milieu va évoluer de quelle manière ?
AVANTPOST : Aujourd’hui, pour être performant, on est obligés de pouvoir appréhender les projets dans leur globalité, c’est-à-dire dans la diversité des supports d’application. Ça suppose donc de regrouper des compétences techniques variées, aptes à transposer les concepts créatifs développés en amont. Cette tendance a selon nous toutes les chances d’être durable, et on tente donc d’emprunter ce chemin.

En parallèle, on note une réelle overdose par rapport à l’abondance de messages publicitaires. On prend le pari que ce ras-le-bol aboutira au final à un retour à des modes de communications plus qualitatifs et plus humains, sous peine de créer une vraie fracture entre l’émetteur d’un message et sa cible. C’est aussi notre vision de notre métier : prendre le temps de dire les choses bien, quitte à en dire moins.

Si tu commençais ce métier aujourd’hui, tu irais ou ?
JOHAN : Perso, j’aurais bien aimé apprendre deux ou trois trucs auprès d’un mec comme Alex Trochut qui arrive a beaucoup renouveler son travail, mais qui garde une identité cohérente dans son rapport à la typo.

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QUENTIN : Chez U-P à Melbourne, pour apprendre l’anglais et avoir du soleil.

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ADRIEN : J’hésiterais entre Des Signes et Les Graphiquants.

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Que dirais-tu a un jeune qui veut percer dans le milieu  ?

ADRIEN : De développer des passions en dehors du graphisme pour nourrir la créativité et les réseaux différents.
JOHAN : De s’organiser pour toujours avoir un minimum de projets en cours avec un véritable intérêt créatif, quitte à en être à l’origine soi-même.

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Crédits photos (portrait de couverture, Les Salins, Joke Food et Stop Départ) : Samuel Guigues (www.samuelguigues.com)

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