Bonjour Jean-Christophe Royer, tu es Concepteur-Rédacteur chez BETC Paris, par quoi es-tu passé ?
Un an de Fac d’anglais, un BTS Communication et Action publicitaire puis Assistant D.A. chez Columbia. Ensuite en tant que rédacteur : DDB, Enjoy Scher/LAFARGE, Young&Rubicam, Leg et BETC Paris.

Tu as eu une formation de D.A. ? Il s’est passé quoi pour virer de bord.
Non, pas de formation de D.A. préalable, juste le hasard des stages. J’étais trop mauvais et pas assez patient.

Depuis combien d’années travailles-tu dans le milieu de la publicité ?
Depuis 1991.

Quels sont les budgets sur lesquels tu es à BETC Paris ?
Canal Plus, RTL, Peugeot, Planète Urgences…

Tu peux citer quelques DA avec qui tu as bossé ?
Mon premier vrai AD était Christophe Caubel (Scher/Lafarge, sur Citroën, Visual…), avec qui j’ai bossé 8 ans, il y a eu ensuite Bruno N’guyen (Young&Rubicam, sur Quick, Technikart, Bouygues…), Hervé Lopez (Y&R sur Décathlon…), Stéphane Richard (Leg, Eurostar, SFR…)…et maintenant je travaille en team avec Éric Astorgue.

Quelles sont les campagnes que tu as faites qui t’ont marquées :
Canal+ Le placard (NDLR le film le plus primé au monde en 2010) et l’Ours, Visual, et quelques Citroënneries.



Tu as participé à « l’Impossible Brief »  (devenu le projet BloodRelation) comment cela s’est il passé  ?
Il y a deux ans, à Cannes, Saatchi&Saatchi Tel-Aviv a lancé « The impossible brief » : un appel aux créatifs du monde entier pour trouver une idée pour promouvoir la paix entre Israël et la Palestine. L’idée m’a plu. J’ai réfléchi et proposé un truc… Voilà : http://bloodrelations.org

Tu te vois où dans 10 ans ? En train de faire quoi ?
Pareil si possible, histoire de faire chier un ou deux jeunes branleurs qui voudraient ma place.

Au début tu as hésité à faire de la pub ?
Non, cela s’est fait un peu par hasard.

Et si tu pouvais recommencer, tu referais les même choix ?
En général, oui, mais pas tous.

Tu fais quelque chose en parallèle de ton métier de Rédac’ ?
En parallèle, du ski.

Quel est ton meilleur souvenir ?
Les débuts de l’agence Scher/Lafarge. Bosser comme des dingues avec des dingues.

Et le pire ?
La fin de cette même agence.

Le truc qui t’a fait le plus halluciner ?
La facilité qu’ont les gens qui t’ont vomi dessus de te faire la bise le lendemain même, alors qu’il reste encore plein de vomi sur toi. Les gens sont sales.

Quelle est, historiquement, la pub qui t’as le plus marqué ?
Un vieux film contre l’alcoolisme dans lequel un père envoyait péter son fils qui lui demandait de l’aide pour monter une maquette. Ne demandez pas pourquoi, j’étais tout petit.

Celle que tu aurais aimé faire ?
Le film John West de l’ours.

Si tu commençais la pub aujourd’hui, tu irais où ?
A l’étranger.

Tu vois quoi comme changement entre tes débuts et maintenant et tu penses que le milieu va évoluer de quelle manière ?
La pub est devenue un vrai métier (des écoles spécialisées, des conventions de stage…). Beaucoup de créatifs placent la barre beaucoup plus haut que nous ne le faisions il y a une vingtaine d’année, il y en a donc beaucoup plus qui se cassent la gueule ou qui sont simplement déçus par rapport à leur attentes (ambitions). C’est dommage, quitte à faire le vieux con, j’ai l’impression qu’on se marrait plus parce qu’on prenait notre mal en patience, on se collait moins la pression. On était fier de notre première annonce, même merdique, de notre première étoile dans CB News, de notre première annonce dans le Club des AD (tout au fond, à la dernière page), une shortlist à Cannes, on n’osait même pas en rêver. Tout ce qui nous arrivait, c’était que du bonus. On était peut-être un peu plus cons, plus naïfs. On aimait vraiment ça. Putain, c’est malin, j’vais me mettre à chialer avec tes conneries.

Que dirais tu à un team de stagiaire qui veut percer dans le milieu publicitaire ?
ça