Bonjour Montassar, tu es rédac chez YR quel a été ton parcours ?
Après un BTS communication, j’ai fait 2 années à Sup de Pub enfin plutôt une car la deuxième j’y étais un jour sur vingt à peu près. Je passais le plus clair de mon temps à bosser mon dossier chez moi ou à la bibliothèque afin de décrocher un stage en fin d’année rapidement et surtout dans une grosse agence. Un rédac que j’avais rencontré lors de mon stage de première année chez Devarrieux Villaret m’avait dit : le plus important pour un créatif c’est son dossier, ses diplômes on s’en branle royal.

Du coup à la fin de mes études, j’ai donc fait je crois 9 mois de stage. Je suis passé à la Young, V et TBWA avant de revenir à la Young en CDD de 3 mois puis en CDI.

Depuis combien d’années travailles tu dans le milieu de la publicité ?
J’y travaille depuis bientôt 4 ans maintenant. 2007 je crois.

Tu as hésité à faire de la pub ? Qu’est ce qui t’as donné envie d’en faire ?
Je suis un grand fan de football, mon plus grand rêve était de devenir footballeur professionnel, de jouer au FC BARCELONE et de gagner la ligue des champions. Mais je crois que Lionel Messi est un peu meilleur que moi. Sinon je suis venu à la pub tout simplement parce que j’aimais cela depuis mon enfance. Les « Ovolmatine », « Pas assez cher mon fils » de Renault, « la soirée sans Sucre » d’Orangina, « Egoiste » de Chanel, ca m’a autant marqué que le club Dorothée, Olive et Tom, Nicky Larson et l’Ecole des Champions.

Mais le jour où j’ai su que je voulais vraiment faire de la pub, c’était un jour où j’étais à la bibliothèque et je suis tombé par hasard sur un club des ad, j’étais comme un fou devant chaque annonce, tout était drôle, originale, nouveau et malin. Du coup je suis rentré avec chez moi et malgré les lettres de relance, il est encore posé sur mon étagère.

Tu travailles avec qui et sur quoi chez Y&R ?
J’ai travaillé pendant 4 ans avec Julien Vallon mon DA de toujours mais ce dernier a quitté la publicité il y a un mois pour se lancer dans la photographie. J’ai une petite anecdote à ce sujet. Il était arrivé une semaine avant moi en stage chez TBWA mais mon ordinateur était déjà prêt avec mon nom dessus. Lui et les autres mecs du bureau ont fantasmé pendant une semaine en pensant qu’une jolie gonzesse allait arriver.

Aujourd’hui je suis assez volant même si je bosse le plus souvent avec Nicolas Gerard lui aussi rédac. On bosse sur a peu près tous les budgets de l’agence et actuellement sur Nova, Surfrider, la FDJ et Fruix.

Parles nous de deux trois choses que tu as faites en pub qui t’ont marquées :
Déjà le truc qui m’a le plus marqué, ça reste ma première annonce (en fait une accroche) pour France Télécom chez Devarrieux parue dans un magazine people que j’ai bien sûr acheté.

C’est toujours compliqué de parler de ses travaux surtout quand on pense qu’on a encore énormément de choses à apprendre. Après pour le côté débrouille, j’ai quand même apprécié notre campagne pour Trax. Tout a été fait sans trop de moyen et finalement ca ne se voit pas trop. Sinon parce que c’était différent, j’ai fait une opération sur les portables pour la Mildt (un truc anti alcool de l’Etat). C’était une série de sms mettant en garde les jeunes contre les méfaits de l’alcool envoyés par leur propre téléphone portable.

Tu fais quelque chose en parallèle de ton métier, des passions ?
Même si je consacre pas mal de mon temps à la pub, j’essaie d’avoir du temps libre pour à la fois me vider la tête mais aussi me la remplir.
Je joue dans un club de foot, je joue beaucoup aux jeux vidéo. Je lis beaucoup de romans surtout sur les voyages et j’essaie d’aller au moins une fois par semaine au ciné.
Sinon j’essaie d’écrire des nouvelles et des courts métrages même si au jour d’aujourd’hui je n’en suis pas fier de moi.

Dans ton métier quel est ton meilleur souvenir ?
Le jour où un DC m’a dit : « Hey ça te dit de rester définitivement à l’agence » ? C’était lors d’une compet un dimanche soir vers 22h

Et le pire ?
Le pire reste toute les fois où les commerciaux rentrent dans ton bureau triste comme jamais, en te disant que ta campagne n’a pas été vendue et que 2 minutes après tu les vois tout sourire avec le team, qui elle, a vendu. Sacrés acteurs ces commerciaux.

Le truc qui t’a fait le plus halluciner ?
Des réunions où un client disait qu’il aimait bien la diversité mais que dans son film il ne voulait pas trop de noirs. Ou peut-être se faire brancher par Catherine Jacob lors d’une séance radio.

Il y a aussi quelque chose qui me choque de plus en plus, c’est le manque d’envie voire de passion de toutes les nouvelles générations de stagiaires. Je ne sais pas si c’est de la faute des écoles qui les forment mal ou une question de génération qui pense tout avoir sans forcer. Mais je ne compte plus le nombre de jeunes qui errent dans les agences pendant 6 mois sans parler à personne en restant dans leur coin et partant tous les soirs à 17h.

Ce que tu pensais pas faire un jour ?
Je me suis déguisé en mage lors d’une PPM client sur Micromania parce que le DC pensait que j’avais un physique de mage.

Quelle sont les pub qui t’ont le plus marquées

J’ai adoré « Write the future » de Nike, Volkswagen Utilitaires « le danger ne viendra jamais de la route », « Peanuts » d’Harley Davidson, ABC la campagne typo sur la tv et aussi Heineken le concert de musique classique le soir d’un match de foot.

http://www.youtube.com/watch?v=dBZtHAVvslQ

Après généralement, les boulots de DDB LONDON, ALMAP BBDO, Wieden&Kennedy sont généralement pas mal du tout.

Celles que tu aurais aimé faire ?
J’aurais aimé faire le pdf de WWF, le premier document qu’on ne peut pas imprimer, c’était intelligent et surtout nouveau.
Andes le Télétransporteur, même si je ne bois pas d’alcool, grosse claque quand j’ai vu cette opération, sacrément maligne et surtout s’appuyant sur un vrai insight.
James Ready, Share your own billboard, un truc très intelligent et qui t’ouvre des perspectives

Tu as des modèles de créatifs dans la publicité ? des gens qui t’inspirent ? 
pourquoi ?
Je n’ai pas vraiment de modèle mais il y a beaucoup de gens que je respecte pour leur travail, leur audace, leur envie de transmettre des choses et surtout leur humilité. J’en ai rencontré un certain nombre et grâce à eux j’ai eu envie de faire de ce métier et j’ai surtout progressé autant au niveau professionnel que personnel.

Matthieu Elkaim de chez DDB Paris, quand j’étais encore étudiant j’allais lui montrer mon dossier Après une heure d’entretien où chaque annonce était disséquée, je n’avais plus une seule dans mon doss mais j’avais une putain de motivation et une envie de m’y remettre de suite.

Il y a bien sûr Bill Bernbach, David Droga, John Hegarty, Jeremy Craigen, Marcelo Serpa, Erik Vervroegen, Gabriel Gaultier, toutes ces personnes qui ont donné les lettres de noblesse à ce métier.
Après je pense vraiment que notre plus grande source d’inspiration est notre vie quotidienne. Ce que l’on voit, les gens qu’on rencontre, les choses qui nous arrivent, les livres qu’on lit, les films que l’on voit, tout doit nourrir nos créations.

Si tu commençais la pub aujourd’hui, tu irais ou ?
En France chez BETC ou sinon en Angleterre ou au Brésil

Tu penses que le milieu va évoluer de quelle manière ?
Entre la réduction des budgets de prod, les exigences encore plus grandes des annonceurs, l’avènement du web, les médias qui s’entrecroisent, je pense que nous allons entrer dans une ère où en tant que créatif nous allons devoir à la fois développer des idées de marque mais surtout faire les choses nous-mêmes.

Ce serait beaucoup de travail mais très excitant.