Bonjour Olivier, tu es CR/DC chez CLM BBDO, quel a été ton parcours ?
J’ai fait un BAC S et j’ai vite compris que les sciences, ce n’était pas pour moi.
En parallèle de mes études au Lycée, j’ai commencé à faire du rap et du slam, et c’est comme cela que j’ai commencé à prendre goût à l’écriture. Le Bac en poche, je me suis dis que je voulais faire un métier alliant création et écriture.

J’ai trouvé la définition de « concepteur-rédacteur » dans un magazine. Et du jour au lendemain, j’ai voulu faire ce taff. J’ai donc fait un BTS communication des entreprises, puis une « année » à Sup de Pub. Au final, j’ai vite compris que pour apprendre le métier, il fallait surtout enchaîner les stages… et c’est ce que j’ai fait. 3 mois chez Leagas Delaney, puis 2 mois à la Young, puis 6 mois chez TBWA, et enfin, j’ai été pris en stage chez DDB… 3 mois plus tard, Alex et Sylvain sont arrivés en tant que Directeur de Création chez DDB et ils m’ont embauchés. (encore merci les gars)
Puis en 2012 je change pour devenir Directeur de Création chez CLM BBDO.

Depuis combien d’années travailles-tu dans le milieu de la publicité ?
J’ai été embauché à 22 ans chez DDB Paris, et je suis depuis 8 ans dans cette agence. Toujours sous la direction d’Alexandre Hervé.
En comptant mes 17 mois de stages, cela doit faire 9 ans que je suis dans le milieu.

Tu as hésité à faire de la pub ? Qu’est ce qui t’as donné envie d’en faire ?
Le jour ou j’ai lu la définition de « concepteur-rédacteur », j’ai tout de suite su que je voulais faire ce métier.
Depuis, j’ai toujours foncé tête baissée, et beaucoup bossé, pour pouvoir exercer ce métier. Je ne sais vraiment pas ce que j’aurai fait autrement. Dès le départ, je me suis dit que si je faisais ce boulot, c’était pour faire ces « pubs super » que les gens adorent. Et dont ils aiment parler.

Tu travaillais avec qui et sur quoi chez DDB ?
Je travaille depuis 4 ans avec Benjamin Marchal. Nous travaillons sur Greenpeace, Bouygues Télécom, L’Equipe, Voyages-SNCF.com, Brandt…

Parles-nous de deux trois choses que tu as faites en pub qui t’ont marquées
Je n’aime pas particulièrement parler de ce que je fais. Je préfère parler de boulots que j’admire et qui me font dire « Et bien t’as encore du boulot mon gars avant de devenir un grand créatif ».

Dernier exemple en date, Chrysler de W+K, un film comme seuls les Américains savent le faire. Super strat, super rédac, super réal, super zik… j’en ai des frissons.
Et aussi Jay-Z Decoded de Droga5. Sinon, dans mes boulots, le site anewwarrior.com.

Tu fais quelque chose en parallèle de ton métier, des passions ?
J’ai longtemps écrit des textes de rap, de slam, des poèmes… Mais pour être très franc, cela fait bien longtemps que je n’ai plus le temps de m’adonner à cette passion.
En ce moment, c’est plutôt : travaux, travaux et travaux… Et surtout, profiter de mon fils dès que je peux passer un peu de temps avec lui.

Les textes que tu écris ils sont de quel univers ? On peut les lire ? Les entendre ?
Je n’ai pas vraiment d’univers particulier. Mes textes traitent de plein de sujets différents. Pour ce qui est de les entendre et de les lire, il va tout d’abord falloir que je les retrouve dans mes cartons de déménagement.

Tu aimes qui dans l’univers du rap ?
Beaucoup de rap français, mais du siècle dernier : Iam, Akhenaton, Fabe, les X-Men, Oxmo, NTM, les 2Bal 2Neg… et un peu rap US : Wu-Tang, Nas, Jay-Z…
Sans oublier Benny B.


Avant Benjamin avec quel DA as-tu fricoté ?

Avant Ben, j’ai bossé avec Laurent Toth pendant 4 ans environ. On bossait sur Nike, L’Équipe, Audi…

Dans ton métier quel est ton meilleur souvenir ?
Il y en a beaucoup.
Je dirais mon premier Lion à Cannes : le Gold sur les Boomerangs il y a deux ans.

Et le pire ?
Rien ne me vient à l’esprit.

Le truc qui t’a fait le plus halluciner ? ce que tu pensais pas faire un jour ?
Le tournage avec Noam Murro, et celui avec Jacques Audiard.
La soirée avec Ivan Zacharias (un mec avec qui je rêve de bosser un jour). Un peu bourré, en franglais, mais très sympa.
Mais j’espère que le meilleur reste à venir.

Récemment tu es descendu au Festival de Cannes dans le cadre du projet Autarky, c’est quoi ?

Alors, le projet Autarky, c’était en fait un projet un peu fou. Un soir (en septembre 2010), on va tous boire une bière (ou deux, ou trois, ou quatre…). On commence à déconner et on se dit que l’on n’est pas prêt de partir à Cannes cette année.

Bon en résumé, on se dit que si on demande à tous les clients de l’agence de nous donner (gratuitement évidemment) leurs produits, on doit pouvoir partir à Cannes et vivre une semaine. C’était une idée un peu folle, mais tellement con. Et en plus, cela pouvait faire un super coup de promo pour DDB Paris et ses annonceurs.
Le lendemain matin, on se dit encore que c’est une bonne idée. (et ça, ce n’est pas souvent le cas)

Donc on en parle à Alexandre Hervé (DC de DDB) il adore. Donc il en parle au Comité de Direction. Ils adorent… Et bon bref, on fait une vidéo Case Study et tous les commerciaux de l’agence commencent à présenter l’idée aux clients… Et là, ils adorent…On a eu des super retours des clients, ils ont tous joué le jeu, on les remercie encore.

Arrive alors le mois de juin, on part à Cannes et là, il y a eu un vrai engouement pour le projet. Beaucoup de gars connaissaient visiblement déjà le projet. Des super retours du réseau DDB, des interviews de plein de blogs et TV, on a gagné une centaine de fans par jour sur notre page Facebook Autarky Project. On s’est bien marré. Les gens de l’agence et les clients ont beaucoup aimé nous suivre à travers les vidéos résumant chacune de nos journées.

En résumé, cela a été une belle aventure pour nous 7. Et on doit encore remercier Florent Depoisier, le commercial qui a géré toute la logistique de l’opération et les relations avec les clients. Et aussi Stiv Spasojevic, qui a filmé et monté toute l’opération au jour le jour (et réalisé le case study !)

Quelle sont professionnellement les pubs qui t’ont le plus marquées, celle que tu aurais aimé faire ?
La toute première a été la pub du chasse-neige, de Bernbach.
La réal à vieilli, mais pas l’idée.

Après il y en a des centaines.

Levi’s Odyssey

VW Polo Potection

The Independant Litany

Une moins connue :

Macucas

+ une bonne centaine de film Nike, VW, Bud, Fox, Carlton Draugt, Johnnie Walker, Axe et Guinness :

Tiger Woods

Y2K

Johnnie Walker

John Smith

John West

Et aussi ça :

Combos :

sans oublier Fedex

et La série Stella Artois :

et bien sûr Honda :

Euh, je crois que je vais m’arrêter là.

Tu as des modèles de créas dans la publicité ? des gens qui t’inspire ? pourquoi ?
Bill Bernbach. John Hegarty. David Droga. Ce ne sont pas seulement de grands créatifs.
Ce sont des mecs qui sont (ou ont été) visionnaires, et qui ont su montrer la voie. Ils ont pris des risques et ont sans cesse cherché à faire des choses nouvelles et différentes.

Si tu commençais la pub aujourd’hui, tu irais ou ?
W+K Portland… La meilleure agence à l’heure actuelle. Droga5, BBH London ou New York
Mais je ne suis pas sûr qu’ils m’embaucheraient…

Tu vois quoi comme changement entre tes débuts et maintenant ? Et tu penses que le milieu va évoluer de quelle manière ?
Il y a eu un énorme changement entre aujourd’hui et 2002. L’arrivée du « digital » a tout basculé. Il n’y a plus de frontières.
Alors, nous sommes tous un peu dans une période de floue (les créatifs comme les agences), on se cherche tous de nouveaux repères.
Mais la grande gagnante au final, c’est l’Idée. Sans une grande idée, la dernière techno 2.0 ne vaut rien, et c’est pareil pour une annonce presse.