clara olivier - Clara Noguier & Olivier Le Lostec

Bonjour Clara et Olivier vous êtes un team créatif, quel ont été vos parcours scolaires/pros ?
Olivier : Au lycée j’ai commencé à m’intéresser à la pub mais évidemment mes parents étaient pas hyper chauds. Donc j’ai fait un Bac S, parce que “avec un Bac S, tu peux tout faire”. Du coup à la sortie du lycée, comme je pouvais “tout faire”, je suis partie en Licence de Droit. J’ai tenu 3 mois avant de me réorienter en chimie au second semestre.
La première semaine, j’arrive dans un immense amphi en bois pour mon premier cours de maths et là, le prof ouvre le tableau pour révéler des équations de 15m de long. J’avais l’impression d’être dans Will Hunting. Comme j’avais eu 6 en Maths au bac, j’ai rigolé intérieurement avant de quitter l’amphi sans jamais y retourner.

T’as 6 au bac en S et tu vas faire de la chimie ?
Olivier : Ouais parce que paradoxalement j’ai eu 15 ou 16 en Physique/Chimie. C’était des matières plus appliquées et concrètes que de juste calculer des primitives ou des intégrales pour le plaisir. Et du coup, je m’attendais pas à en avoir autant. Erreur fatale.

6ca67b8f 37dd 40ef 9feb 02bed851c09a - Clara Noguier & Olivier Le Lostec

Je me voyais pas du tout manipuler des tubes à essais en blouse blanche pour le reste de ma vie. Et comme Walter White n’existait pas encore pour me faire changer d’avis, j’ai préféré me tourner vers quelque chose qui me plaisait vraiment et qui m’avait toujours attiré.
À la rentrée suivante, je me suis inscrit dans un BTS Communication en Alternance avec le zoo de Thoiry. Hyper intéressant de pouvoir mettre en pratique ce que j’apprenais dans un endroit aussi atypique. Et puis les pauses déj’ face aux Makki Catta qui chillent au soleil, c’est cool quand même.

Après le BTS, j’ai fait un Bachelor Créa à Sup de Pub puis je me suis mis en année de césure pour faire des stages à la suite desquels j’ai été embauché chez Ogilvy.

Clara : En sortant du lycée, je voulais faire une école d’art mais ça me faisait peur. J’estimais que mes dessins étaient à la hauteur de ceux d’un enfant de 5 ans, du coup je me suis dégonflée.
Capture d’écran 2018 05 15 à 22.02.08 - Clara Noguier & Olivier Le Lostec


Donc, comme beaucoup de créatifs je me suis tournée vers une école de com’, l’ISCOM. J’y ai découvert la Direction Artistique en stage, dans une petite agence de graphisme (Abaka) qui m’a tout appris.
Globalement à l’ISCOM je m’ennuyais et je me demandais tous les jours ce que je faisais là. J’attendais avec impatience les périodes de stages pour vraiment faire ce que j’aimais, de la DA.
Avec le recul, je me dis que j’aurais dû être moins frileuse et tenter l’expérience en école d’art, quitte à assumer mes gribouillages d’enfants.

sons sketches to anime drawings thomas romain 5 5993f35a86f16  880 - Clara Noguier & Olivier Le Lostec

Pour ce qui est du pro, Olivier et moi, avons quasiment le même parcours Ogilvy, CLM BBDO et prochainement DDB.

Vous partez de clm pour bosser chez DDB ?
On change courant Juin 2018 pour aller travailler avec Alexander Kalchev et les différents DC en fonction des projets : Mélanie Pennec, Alexis Benbehe et Pierre Mathonat, etc. On a vraiment hâte, surtout après l’année que l’agence vient de faire. Ça donne envie de se donner à fond pour continuer dans cette dynamique.

Depuis combien d’années travaillez-vous ?
Environ 4 ans. Comme je cherchais un rédac et Oliv une DA, Baptiste Clinet nous a fait nous rencontrer après nos stages respectifs. On s’est tout de suite hyper bien entendu.

As-tu hésité à faire de la pub, tu aurais fait quoi à la place ?
Olivier : À 12 ans, je suis tombé sur un Culture Pub qui diffusait une pub Tabasco. Un mec est sur une terrasse en train de s’enfiler une énorme pizza. À chaque bouchée, il rajoute de la sauce jusqu’au moment où un moustique vient se poser sur sa cuisse. Sans rien faire, il le laisse aspirer son sang et repartir. Le mec, immobile voit alors le moustique exploser en plein vol quelques mètres plus loin. À ce moment là, je me suis dis que ça devait être le métier le plus cool du monde.
Donc même si je me suis un peu perdu pendant mes études, au fond j’ai jamais vraiment hésité.

Clara : Plus jeune, je voulais être styliste, je dessinais des vêtements et je découpais les vieilles fringues de ma mère. Mais j’ai vite déchanté de ce milieu. Quand tu te retrouves en stage à être enfermée dans une pièce sans fenêtre à couper des tissus en petits carrés pendant 1 semaine, y a de quoi être légèrement dégoutée.
Ok je comprends mieux les tenues toujours un peu recherchée/stylée
Au final, je suis très contente de faire de la pub pour la richesse créative du métier. ça recoupe pleins de disciplines que j’aime: le film, la photo, l’illustration, le design etc…

Tu es fan de quoi ? 
Clara : Je ne sais pas si je peux dire que je suis “fan ultime” mais si j’en prends une au hasard, je dirais les documentaires animaliers. Je passe un temps fou à en regarder et j’aimerais beaucoup en réaliser un, un jour. Notamment quand ils sont aussi bien filmés que ceux de BBC earth.

Olivier : Pareil que Clara, je ne suis pas fan absolu de quelque chose en particulier. Ce que j’adore, c’est toujours trouver des choses, des activités nouvelles à tester. Et si y’a un peu d’adrénaline, c’est pas plus mal.

Alors citez-nous 3 choses que vous aimez dans ces univers : music/jeux video – cinéma/sérietv – artiste ?
Olivier : En musique j’écoute vraiment de tout. Ça dépend de mon état d’esprit. Mais je reviens souvent au rap Us et Français. J’aime le côté imagé et insighté qu’il peut y avoir. Et certaines punchlines pourraient faire de bonnes accroches.
En jeux vidéos, les FPS d’Ubisoft comme Ghost Recon ou Far Cry sont dingues. Ils ont un vrai côté cinématographique qui te plonge à fond dans une histoire. Tout comme ceux d’aventure type The Last of Us ou Uncharted.
Et niveau séries et films, un peu dur de choisir… Je dois regarder une dizaine de séries en même temps. Donc je dirais Homeland qui arrive encore à me tenir en haleine après 7 saisons, Westworld pour les possibilités infinies du scénario et Peaky Blinders pour la classe de Cillian Murphy.

peak - Clara Noguier & Olivier Le Lostec

Clara : Musique, c’est pareil c’est tellement dur, j’ai l’impression qu’aujourd’hui on est de moins en moins puriste d’un seul genre musical. La diversité c’est la richesse, personnellement j’écoute pas mal de funk/soul et disco parce que ça me met toujours dans un mood très positif et dynamique. Je consomme vraiment la musique en rapport à mon état d’esprit, et cet état là me plait.

Cinéma, j’y vais très souvent, et pour le coup j’ai pas trop perdu cette habitude malgré le nombre de séries ou contenus que je regarde sur Netflix ou autres. J’ai toujours aimé cette expérience parce que contrairement à une série où si tu décroches à un moment, tu vas regarder ton téléphone alors que là même si tu décroches t’essayes de comprendre pourquoi, tu analyses beaucoup plus.
Du coup je vais voir beaucoup de films et souvent seule. Gros coup de cœur de cette année The Square de Ruben Östlund (j’en parle à tous le monde). Et plus récemment Isle of Dogs de Wes Anderson (je suis une grand fan d’animation)

Artiste, ça dépend des expos que je fais mais je suis une adepte de certains musées où je découvre souvent des artistes par hasard en me baladant, comme la gaité lyrique ou le centquatre. J’aime bien y aller sans but vraiment précis. Au festival Circulation(s) c’est justement l’occasion rêvée de trouver des photographes cools avec qui t’aimerais bosser.

Vous travaillez sur quels budgets et avec qui ?
Chez CLM, on bosse avec Matthieu Elkaïm sur pas mal de budgets comme Mercedes, Total Spring, Saint Maclou, Saint Hubert. Ce qui est cool, c’est que ce sont des marques complètement différentes qui offrent un terrain de jeu créatif hyper large.
Et plus récemment avec Benjamin Dessagne et Stephane Santana sur Ubisoft et quelques pitchs.

Ça change quelque chose d’être un team mixte H/F ?  (NDLR : ils ne sont pas en couple)
Clara : Je veux pas faire ma féministe à deux balles, mais pour le coup je pense que ça apporte une vraie richesse. J’ai un humour un peu “mec”, donc clairement, Olivier et moi, on se marre beaucoup plus à trouver des idées sur des marques comme Snickers que sur du Luxe ou de la beauté. Le faite d’être un team mixte ça nous permet aussi d’avoir des sensibilités et des points de vues différents, et du coup on aborde pas toujours les idées de la même manière.

Olivier :  Je veux pas faire mon féministe à 2 balles, mais elle a raison.

Il y a un sexisme dans la pub ? une forme de crédibilité donné au garçon du team naturellement ?
Clara : Je vais pas mentir c’est un peu vrai. C’est un ressenti que j’ai eu avec certains clients ou personnes en agence. Mais c’est surtout au début, quand ils nous connaissent pas, ils ont tendance à s’adresser au « mec » du team, ça peut être rageant. Mais en principe ça s’atténue quand les gens nous connaissent un peu mieux. Faut juste pas le prendre personnellement, les personnes intelligentes reconnaissent du bon boulot qu’importe le sexe.

En même temps que qui avez-vous évolué ? votre ‘promo’ de créas.
Olivier : De ma promo Sup de Pub, j’ai pas trop gardé de contact, même si j’essaye de suivre leur travail de loin sur Facebook. Après j’avais quelques potes juste l’année au dessus. Y’a la TeamDesF, Fabienne Fiorucci et Damien Fouix qui cartonnent chez DareWin en tant que DC et un autre pote, Mathieu Lacrouts, qui a fondé la première agence de E-Sport: Hurrah. Il risque d’avoir pas mal de boulot dans les années à venir…

Clara : De l’ISCOM y’a que ma meilleure pote, Alix Cartier. On se suit dans nos études depuis 15 ans. Elle est dans le luxe et la beauté et vient de passer DC chez Mc Cann sur le compte de VICHY. A 25 ans c’est probablement la plus jeune DC de Paris, il y a de quoi être fière d’elle.

Après côté expérience agence, il y a Allan et Chloé avec qui on a commencé chez Ogilvy et qui sont maintenant chez Sid Lee Paris. Et Hélène et Nazgol qui sont chez Rosapark et qui viennent de sortir le film « The Worst song in the world » pour Monoprix. Bien joué les filles !

Parlez-nous de 2-3 choses que vous avez faites :
On a eu la chance de réaliser de gros projets assez vite. C’était une forme d’apprentissage hyper intense et c’est clairement ce qui nous motive à tout donner encore aujourd’hui.

Olivier :  On a pu faire un film d’animation avec Jon Saunders pour les 100 ans de la bouteille Coca-Cola. Beaucoup de boulot et de patience, car avec la 3D, tu ne vois vraiment le rendu qu’à la fin.

 

Clara : Pour moi, c’était un rêve de faire film en animation, car je suis une grande fan depuis toujours. Donc quand au bout d’un an seulement de boulot, tu peux cocher cette case de ta bucket list, ça te rend assez fière.

On a aussi fait un film Perrier avec Fleur et Manu qui lui ont donné un côté clippesque et un souffle de nouveauté à la marque. On était hyper content du rendu et d’avoir pu bosser avec eux. Et puis, c’est toujours cool de voir ton film passer pendant Roland Garros.

Un autre projet qui fut clairement l’une des campagnes les plus intenses qu’on ait jamais faite: Le Netflix Fest. Une sorte d’ovni événementiel composé de 15 mini festivals de films, qui nous a valu quelques mois de taff intensif.

Olivier :  Le genre de projets où tu t’impliques à 200% de la conception des festivals à la scéno finale où tu vas inscrire “HELP” en lettres de sang dans un hôpital psychiatrique abandonné.

On est arrivé chez Ogilvy à un moment où c’était la folie. Ça partait dans tous les sens, les idées se vendaient et se produisaient sans arrêt. Il y avait une vraie énergie créative et les clients avaient envie de faire.

Tu fais quelque chose en parallèle de ton métier, des projets, des passions ?
Clara : Avec Oliv on avait commencé à écrire quelques clips pour un de mes potes qui a sa boite de prod, ça nous avait fait marrer comme y’a moins de contraintes qu’en pub. J’aimerais clairement faire ça plus souvent.J’aime beaucoup la photo aussi. Je m’étais lancée dans une série en infrarouge en tombant sur le travail de Richard Mosse (je n’ai rien à voir avec son niveau évidemment). Du coup je me mets un peu à l’argentique et je scrute ebay depuis 1 mois pour trouver la perle rare.

Capture d’écran 2018 05 15 à 21.50.15 - Clara Noguier & Olivier Le Lostec


Richard Mosse — Infra – 2011

Olivier : En vrai, j’ai la capacité de me passionner pour pleins de choses, mais une fois que je connais le ruc, je m’en lasse et je passe rapidement à autre chose.
Pendant 1 ou 2 ans, j’étais à fond dans le Street Art. Je passais des journées entières à photographier les quartiers de Paris, Marseille, Lyon, etc… Sur Insta, ça m’a fait gagner quelques followers que je connaissais pas et perdre beaucoup que je connaissais. Et à force d’en voir, je m’y étais même mis avec le projet “Guilty Of Idiocracy” où j’allais coller des Mugshots de célébrités qui abrutissent un peu trop le monde selon moi. Un clin d’oeil au film dont j’avais trouvé le pitch hyper actuel.
Sinon j’essaye de faire un maximum de CrossFit pour me défouler et me vider la tête.

Quel est ton meilleur et pire souvenir ?
Olivier : Le meilleur: C’est dur de choisir… Mais en réfléchissant bien, je crois que c’est le soir où j’ai reçu un SMS de Baptiste Clinet me disant que le film Coca était vendu et qu’on partait en prod.
C’était 3 mois après un workshop intense qui avait duré plus d’un mois chez Ogilvy et où toute l’agence avait bossé comme des chiens. Moi je venais juste d’être embauché et je m’apprêtais déjà à faire un film pour un des plus gros annonceurs du monde. J’étais comme un fou.

Pire: La mort de George Michael. Pour Ouï FM, on avait écrit une lettre d’adieu pour rendre hommage aux plus grands rockeurs morts en 2016, en utilisant uniquement leurs lyrics. Mais la veille de la sortie, le 25 décembre, George Michael décède. À ce moment là en pleines fêtes de Noël, on a du se taper l’intégralité de ses lyrics pour trouver LA phrase à intégrer à la lettre.

Clara : Le Meilleur: Sur le tournage de la pub Perrier en Argentine. On avait besoin de plans de Montgolfières s’élevant dans le ciel avec des personnages. Avec Paul Kreitmann, on se déguise, lui en Aviateur fou et moi en Marie-Antoinette. Une fois que la Montgolfière s’est envolée, on a atterri quelques centaines de mètres plus loin dans un champs… entourés de Taureaux. Le mec nous a dit de pas bouger sinon ils allaient charger, donc on a du attendre 20min qu’on vienne nous chercher en voiture.
Le pire: Une sombre histoire de Montgolfière et de taureaux en Argentine…

Quelles sont les pubs que tu préfères, tes classiques  ?
Bon on va pas parler des The Independant, des Nike ou autres que tout le monde à déjà citées. Globalement, celles qu’on préfère sont celles qui nous font rire ou qui nous mettent une claque niveau craft.

Donc en comédie, il y a toutes les pubs pour les festivals de films qui sont hyper bien vues (dur de faire un choix)

.

Pour des films plus récents on pense à :

.

.

Ce genre de film, en plus de nous faire vraiment marrer, nous montre qu’un bon casting ou du bon sound design font toujours la différence.

Pour le craft y en a 2 qu’on aime particulièrement :

Pour la ligne qui est juste parfaite et le challenge que ça devait être à l’époque de vendre une petite voiture.

Et celle-ci qui est graphiquement sublime :

Après, beaucoup d’activations nous marquent chaque année, mais Next Rembrandt nous avait vraiment bluffé. C’était une vraie performance de reproduire le travail et la sensibilité d’un des plus grands maîtres de la peinture en se basant juste sur de la Data. C’est ce genre d’opé qui font que la pub dépasse parfois les sphères de la pub.

Tu as des modèles de créatifs dans la publicité ? ou en dehors, des gens qui t’inspirent ?
Olivier : Évidemment tous mes mentors qui m’ont permis de grandir: Les BNF, Baptiste Clinet pour sa hargne à jamais lâcher une idée en laquelle il croit, Nicolas Lautier pour la réflexion qu’il va mener jusqu’à trouver LA bonne ligne et Florian Bodet pour son Craft irréprochable.
Paul Kreitmann qui nous a tellement appris et inspiré, et à qui on pense souvent quand il faut remettre en question un projet pour l’améliorer.
Et évidemment Matthieu Elkaïm qui nous a poussés dans nos retranchements depuis notre arrivée chez CLM.

Clara : Dans la publicité j’ai pas vraiment de “modèles” j’ai du mal à aduler quelqu’un que je ne connais pas personnellement. Bien sûr que, comme tout créatif, j’admire le travail de David Droga qui je pense est notre Elon Musk publicitaire.

Mais sinon j’admire beaucoup les créatifs qui m’ont fait découvrir ce métier comme jamais: Baptiste Clinet, et Paul Kreitmann. Ils m’ont transmis leur passion et leur envie et sans eux je ne sais pas si j’aurais vu la pub sous le même angle.
Matthieu Elkaim a été une personne très inspirante pour nous et nous a montré une autre vision du métier.

Olivier :  Après hors pub, y’en a énormément donc je dirais Stéphane de Groodt pour son écriture que je jalouse profondément et Christophe Niemann pour sa vision créative d’absolument n’importe quel objet du quotidien et de son travail pour le New Yorker.

Clara : En dehors de la pub, les gens qui vont au bout de leurs idées et qui s’éclatent. Ceux qui font des courts métrages hyper marrants comme les Daniels ou les Big Red Button. J’aime passer du temps à fouiner sur vimeo pour trouver ce genre de pépites.

.

Tu vois quoi comme changement entre tes débuts et maintenant ?
Clara : Sachant que j’en suis pas non plus à 15 ans de métier, je dirais surtout le fonctionnement des agences. Quand j’ai commencé les grandes agences géraient le monde et les petites structures commençaient à émerger. Aujourd’hui je pense que c’est différent. Notre métier évolue beaucoup mais la façon de le faire encore plus. La flexibilité et l’agilité, c’est la clé parce qu’on est clairement plus sûrs de rien.

Olivier : Les influenceurs… Ils prennent de plus en plus de place et ça ne va pas toujours dans le sens de la création. Les marques les utilisent pour s’offrir de la visibilité éphémère, ça fonctionne, tant mieux, mais d’un point de vue créatif, je trouve ça un peu dommage quand elles les utilisent juste pour faire de belles photos.

Et le milieu publicitaire va évoluer de quelle manière ?
Clara : À cause de toujours plus de rentabilité, j’ai peur qu’on se regroupe tous dans une espèce d’énorme agence à la Evil Corp dans Mr. Robot. Et qu’on se mette tous à avoir le même discours et le même genre d’exécution ce qui rendrait la création hyper lisse et uniforme.
Donc je préfère me dire que la création va continuer à être surprenante et qu’on aura toujours la chance de sortir des projets ovniesques de temps en temps.

Olivier :  Même s’il y aura de plus en plus de contenus ultra éphémères genre Insta Stories, il y aura toujours des marques qui voudront faire de grands films, de grandes campagnes. Donc je ne suis pas inquiet pour l’avenir.

Tu peux envoyer un mail au toi de 60 ans, tu lui dis quoi ?
Olivier : Balance l’Almanach des sports mec! J’ai quelques paris à faire.
Clara : Objet : J’ESPÈRE QUE TU TE LA COULES DOUCE AU SOLEIL!

Un conseil pour réussir dans ce métier ?
Olivier : S’inspirer et être curieux de tout. Laisser son égo chez soi.
Acheter une grande poubelle.
Et surtout faire faire faire. Les plus grands sportifs ou musiciens ne deviennent bons qu’en pratiquant encore et encore.
Clara : La passion et l’envie.
Quoi qu’il arrive, même si ton film s’annule 24H avant sa diffusion, que tes clients sont irrespectueux ou que tu te fais jeter toutes tes idées après le 6ème point avec ton DC.

Autres portraits