bandeau cqlc dupin - Pierre-Antoine Dupin

Bonjour Pierre-Antoine, quel a été ton parcours pro/ tes études ?

J’ai fait mon parcours scolaire entre 93 et 95, un bac européen allemand option ES.
J’ai enchainé sur une prépa HEC à Sarcelles. Puis une école de Commerce (l’ISC) option Marketing Com. J’ai commencé par un stage dans une usine PSA, à moitié au service RH-COM, à moitié avec les ouvriers. Je me voyais évoluer dans la comm’, mais sans idée précise à ce stade. J’ai acheté à la FNAC, un guide l’Étudiant sur les métiers de la comm’.

A l’intérieur je suis tombé sur une fiche métier détaillée sur le métier de Concepteur Rédacteur, avec une interview d’Alexandre Toso. Il faisait une bonne pub de son métier.
Après j’ai envoyé des centaines de CV et de LM (lettres de motivation), sous des formes improbables, ça m’a couté une fortune en vain. J’ai envoyé des mails en testant des titres qui se voulaient créatifs.
Et un jour quelqu’un dans un peu fou, Tristan Gaillot m’a répondu.

Il était DG chez Plan Créatif, une agence de design. J’ai fait mes 6 mois de stage là bas, comme jeune homme à tout faire, du moins tout observer, les commerciaux, les graphistes, les clients, les photographes. A la sortie de ce stage j’ai décidé de repostuler dans les agences de pub.
Et finalement Andrea Leopold chez BETC m’a répondu en m’orientant vers Pierre Riess. Je lui ai montré tout ce que j’avais écrit pendant mes expériences associatives et mes stages et il m’a dit « C’est bien mais c’est pas de la pub, il faut te faire un doss’, puis reviens me voir » J’ai bricolé mon doss’ en m’étant « autoformé » à Photoshop, je suis revenu le voir et il m’a pris en stage.

Ensuite j’ai booké des stages à la fin de mes études histoire de me donner un maximum de chance. Je me suis inscrit en Coréen à Jussieu pour avoir des conventions, puis au Cnam l’année suivante pour la même raison.
J’ai pu faire des stages grâce à ça chez Y&R – BETC – CLM – TBWA – DDB – Publicis Conseil.
Puis j’ai enchainé les stages et CDD chez Publicis Conseil.
Jusqu’à finalement avoir un CDI.
Puis CDI à la Young, DDB, BDDP, Marcel et enfin Rosapark depuis septembre 2017.

Depuis combien d’années travailles-tu dans le milieu de la publicité ?
Premier stage en 2004.

Tu as hésité a faire de la pub ?
J’ai mis du temps à entendre parler de ce métier et à comprendre comment postuler. Mais après je n’ai pas hésité une seconde. Vu le parcours du combattant qui attend souvent le stagiaire rédac, l’hésitation n’est vraiment pas une option.

Tu travailles avec qui et sur quoi ?
Je ne travaille pas avec un AD, je travaille avec un créatif fantastique.
Frédéric Leclerc.
Il adore chercher des idées, il écrit très bien, il chante, il fait des voix off, il dessine comme un dieu, il est hyper exigeant, m’implique à fond dans la DA, et en plus il me supporte. Depuis notre rencontre tout a changé.
On est très complémentaire, on a un vrai équilibre. J’aime autant faire ce métier, que faire ce métier avec lui.
On est arrivé chez Rosapark il y a 2 mois, on travaille sur plusieurs sujets, mais on ne peut pas en parler pour l’instant. Du New Biz notamment, on en fait beaucoup depuis 3 ans et on aime ça. On aime chercher des écritures, construire la cour de récré, lancer ou relancer des marques.

Parles nous de deux trois choses que tu as faites :
La Campagne Maisons du Monde « Soyez fous, soyez vous »

Premier brief avec Fred, première compèt chez BDDP&fils (ex Ici Barbes) et on gagne le client. 7 films au final, un succès populaire, un tremplin incroyable. Tout est parti de là.

La première campagne mondiale d’Uber.
Première compèt chez Marcel et on gagne le client. 16 visuels pour répondre à une problématique explosive à l’arrivée du service en France.

uber2 1024x382 - Pierre-Antoine Dupin uber1 - Pierre-Antoine Dupin

La campagne « J’ai fait la FNAC ».

Des films en animation basés sur des histoires vraies avec des célébrités.
Une prod qui nous a musclée.


Et quelle est la pub la plus nulle que tu aies faite :
La plus nulle c’est forcément du Lactalis.
Je dirais celle ci :

https://youtu.be/1_EzKOrVNY4
En plus j’étais en train de crever à l’arrière d’une fourgonnette en plus j’étais malade, j’avais 40° de fièvre. J’ai du me barrer, et en rentrant chez moi je m’étais fait cambrioler.
J’étais vraiment au top sur cette semaine.

Tu fais quelque chose en parallèle de ton métier, des projets ?
J’ai plein de passions de vieux assumé avec lesquelles je vis très bien.
Je joue en ligue de bowling tous les mercredis soir à Champerret, j’aime faire la cuisine, la pêche, les nœuds.
Après le Groenland et les Territoires du Nord Ouest l’an dernier, prochain projet, organiser une nouvelle expédition dans le Grand Nord pour 2020 en kayak.
Avec un équipage de 6-7 personnes auquel je réfléchis.

Dans ton métier quel est ton meilleur souvenir ? et le pire ?
Meilleur souvenir, avoir gagné le concours des Jeunes Créatifs en 24h et partir une semaine à Cannes pour participer aux Young (Lions) Creatives, à une époque où j’avais dû prendre un travail alimentaire, pour pouvoir venir faire mon doss chez Publicis entre 20h et 4h du mat’.
Puis aller parler au culot à Jean Remi von Matt à la sortie du festival, pour finalement me retrouver en entretien à Hambourg deux semaines après pour qu’il me fasse une propal.

Le pire : tous les moments où je n’étais pas avec le bon team .

Le truc qui t’as fait le plus halluciner ? que tu ne pensais pas faire un jour ?
Jouer au foot avec Hugh Jackman pendant le tournage du Film Lipton Slap.
Et vu mon parcours musical très « chaotique » étant enfant, je n’aurais jamais pensé être enregistré comme auteur de chanson à la SACEM, quiconque aurait misé dessus aurait fait fortune (pour les films ‘maison du monde’).

Tu as un regret ? (dans la pub)

Je regrette de pas être parti aux Philippines shooter Denis Brogniart pour Saupiquet. Partir à l’autre bout du monde pour shooter un tag en étant en stage c’est pas souvent. Les bagages étaient prêts, le soir même j’ai appris que c’était une commerciale qui partait à ma place. Je regrette aussi de pas être parti shooter au Chili pour des pseudos question de budget. Je me suis dit plus jamais.

Quelles sont les pubs qui t’ont le plus marquées ?
Celle que j’ai regardé des dizaines de fois sans jamais me lasser.
Norte Beer :

Damn Boots

DU TELECOM

Under Armor
https://www.youtube.com/watch?v=Xh9jAD1ofm4

Il y a des modèles de créatifs dans la publicité ? ou en dehors des gens qui t’inspirent ?
Mes modèles ce sont en premier lieu les gens les plus humains rencontrés sur le chemin et qui accessoirement ont le mérite d’être en plus de super créatifs. Andréa Leopold, Pierre Riess, Bruno Delhomme & les Cinq, Olivier Camensuli, JF Bouchet, JF Sacco, Matthieu Elkaïm, Pierrette Diaz, Olivier Moine, Anne de Maupeou.

Je n’oublie pas ce que je leur dois, à quel point ils ont pris du temps, des risques, m’ont aidé à grandir, à avoir confiance en moi. Si je suis là ou j’en suis c’est au moins autant grâce à eux qu’à moi.
Des aventuriers, qui sont aussi créatifs à leur manière, m’inspirent comme Shackelton, Mike Horn, Dabboville, Paul Emile Victor… Parmi tant d’autres des artistes comme Werner Herzog, Salgado, des auteurs comme Thilliez, Werber ou Taniguchi.

Tu vois quoi comme changement entre tes débuts et maintenant ?
A l’époque déjà ce site d’itw n’existait pas.
A part BETC et TBWA, le top des agences a complètement changé aussi.
Et change beaucoup plus vite.
Tout va mille fois plus vite, l’organisation du traffic a bien évolué aussi. Les plus jeunes sont sans doute mieux préparés, plus mûrs. Mais aussi plus vite rincés et il a de quoi. Il faut pouvoir tenir, avoir le temps de mûrir pour encaisser et laisser la confiance en soi se construire progressivement. C’est un métier qui en requiert beaucoup et ça reste un élément qui prend du temps à se construire.

Tu penses que le milieu va évoluer de quelle manière ?
En resserrant les rangs, en étant une vraie équipe solidaire dans les faits et pas une simple somme d’individus.

Si tu commençais la pub aujourd’hui, tu irais ou ?
Je viserais en priorité les « nouvelles agences », hyper créatives et qui laissent une chance aux juniors vraiment prêts à la prendre. Type Rosapark, Marcel ou Buzzman. Sachant que le classement peut changer à une vitesse déroutante.

Qu’est ce que tu ferais si tu n’avais pas peur ?
Un enfant.

Que dirais-tu a un team de stagiaire qui veut percer dans le milieu publicitaire ?
Prévoyez des stages longs (pas 1 ou 3 mois)
Prenez votre téléphone et appelez des créatifs, ne vous contentez pas des mails.
Ne faites pas comme tout le monde.

Vous êtes une marque, racontez votre personnalité.
Soyez prêts à trouver des conventions de stage au-delà de votre diplôme.
Ne restez pas dans votre coin à attendre, allez au-devant des briefs, des gens, des avis.
Soyez à l’écoute de tous les conseils.
Nouez des contacts réguliers avec des créatifs en agence.

Faites bien ce qu’on vous demande, encore mieux ce qu’on ne vous demande pas.
Sortez le champagne à la moindre victoire, si petite soit-elle.
Votre doss c’est votre personnalité, votre univers, vos travaux scolaires ne doivent être qu’une toute petite partie de votre doss.

Si vous n’êtes pas content de votre situation en agence, changez.
Ne jouez pas la montre, ne vous cherchez pas d’excuses.
Soyez d’abord de « bons soldats » avant de devenir de « grands créatifs ».
Mettez-vous toujours à la place de votre auditoire, patron, collègue, client.
Faites tous les concours.
Prenez n’importe quelle expérience comme un exercice qui vous rendra meilleur.
Lisez.
Sortez.

Ne soyez pas mauvais joueur.
Soyez patient, soyez impatient.
Renvoyez l’ascenseur.
N’écoutez pas toutes les leçons.

 

 

.

Autres portraits