assouline 3 - Arnaud Assouline

//itw mis à jour en 2018//

Bonjour Arnaud tu es DC chez BETC, quel a été ton parcours ?

Quand j’étais petit, je me voyais bien reprendre la boutique de disques de mon père en banlieue parisienne, mais j’ai finalement opté pour des études de droit que j’ai abandonné au profit d’un BTS de communication des entreprises assortie d’une année à Sup de pub.

Je suis passé en stage au cours de ma scolarité chez FCB, Ogilvy et CLM BBDO avant d’arriver en stage de fin d’étude chez BETC grâce à ce vieux rédacteur du nom de Patrice Dumas.

Au bout de quelques semaines, avec Benjamin Le breton, ma moitié créative, nous nous sommes fait engager par Stéphane Xiberras qui a fait de nous les créatifs que nous sommes aujourd’hui… à une nuance près, car depuis 2 ans nous sommes devenus Directeur de création.

Depuis combien d’années travailles-tu dans le milieu de la publicité ?
Cela va faire maintenant douze ans, comme l’âge de ma première fille…et depuis j’ai eu le temps d’avoir quatre autres enfants !

Tu as hésité a faire de la pub ? Qu’est ce qui t’as donné envie d’en faire ?
J’ai hésité seulement parce que je ne savais pas comment entrer dans ce milieu en termes de formation. Cette formalité résolue, je me suis lancé dans le vide.
Ce qui m’a donné envie, et bien, aussi con que cela puisse paraître ce sont des émissions comme Culture Pub. Cela m’a fait découvrir la pub qu’on ne voyait pas à la télévision française, bref la pub que j’avais envie de voir et du coup de faire.

Tu fais quelque chose en parallèle de ton métier, des passions ?
Je suis déjà la risée de mes collègues donc autant faire mon Outing au grand jour : « J’aime la pêche ». Oui j’avoue c’est une de mes grandes passions. Je crois qu’en fait je suis vieux à l’intérieur, mais je le vis plutôt bien. Et pour contrebalancer, je suis un gros fan de Jeux vidéo. Pas sûr que ça contrebalance en fait, je crois même que ça donne un portrait un peu flippant en fait : le pêcheur Geek… mais ce n’est pas grave, l’essentiel c’est de bien le vivre.

Tu travailles avec qui et sur quoi chez Betc?

Je travaille avec Benjamin Le Breton (mon co-directeur de création) sous la houlette de Stéphane Xiberras (notre ECD).

Mes plus proches collaborateurs «créatifs » sont Alexandre Girod et Julien Vergne. 2 sympathiques personnages qui nous ont rejoint quand on est passé D.C, avec qui on bosse énormément. On a déjà commis quelques trucs plutôt chouettes ensembles. Et sinon, on peut être amené à travailler avec tous les créatifs de l’agence tout dépend du sujet et de l’expertise recherchée.
Niveau Budgets : je travaille sur Canal +, Les Echos, Orangina, May Tea…

Comment en es tu arrivé à travailler avec Benjamin ?
J’étais sur les bancs de l’école avec Benjamin donc l’association s’est faite assez naturellement.
Et puis on n’est pas si différent lui et moi, donc ça s’est fait encore plus naturellement…
Et accessoirement, c’était le seul de la classe à avoir Photoshop.

Comment as-tu appréhendé le passage de Concepteur-rédacteur à Directeur de Création?
Je me suis posé pas mal de questions, surtout pour savoir quel genre de D.C j’avais envie d’être. Mais comme les chiens ne font pas des chats, je pense être (tout comme Benjamin) un D.C à l’image de celui nous a formé : résolument humain … enfin je l’espère pour mes équipes.

Était-ce un désir, un objectif pour vous en rentrant chez BETC?
Quand on est arrivé en tant que stagiaire, notre objectif c’était surtout d’arriver à décrocher un CDD voire un CDI… donc les envies de direction de création n’étaient pas encore en ligne de mire pour nous. Et puis avant d’apprendre à courir il faut déjà apprendre à marcher… Il y a tellement de mecs qui boitent dans ce métier…

Qu’est-ce que vous regrettez/ ne regrettez pas de votre ancien poste de concepteur-rédacteur?
Tant que ce métier continuera de me faire marrer je n’aurais aucun regret, et ce n’est pas une question de poste. Le jour où je ne m’amuserais plus on pourra reparler de mes regrets.

Parles nous de deux trois choses que tu as faites en pub.

Une de mes premier film chez BETC, c’est ce film pour SYFY, avec un gamin extraterrestre abandonné sur terre et qui se retrouve dans un orphelinat. Rien que d’écrire le pitch, ça me fait sourire vu que c’est quand même une bonne grosse connerie :

Clocks pour Solidarité Sida : une installation composée de 300 horloges dont l’alignement des aiguilles venaient former une phrase deux fois par jour à heure fixe :

2a_design_clocks

J’aime bien aussi ce film pour McDonald’s – Père-fils – un film de pub où l’homosexualité est traitée sans cliché pour une fois …enfin j’espère :

Il y a aussi ce « stunt » pour WatchDogs, un jeu d’ubisoft.
Ou comment mettre le bordel dans les rues de Los Angeles juste pour rigoler un peu :

Et sinon, plus récemment on a fait Tweeter le pape pour Canal + :


Dans ton métier quel est ton meilleur souvenir ?
La présentation du film « Adopte Syfy », où la cliente pleure devant nous totalement émue par le film. Là tu te dis que tu fais un beau métier… Et ouais, on ne sauve pas des vies mais on fait chialer des gens !

Et le pire ?
Il y en a plusieurs: un accident sur le shooting de la campagne Canal+ « les vitres » où le chef déco à fait un arrêt cardiaque. Un moment assez dur auquel je pense toujours.

Le deuxième, ça a été la présentation aux journalistes du projet « Clocks ». Au moment de mettre en route la machinerie, il y a eu un problème de survoltage et la moitié des 300 horloges ont cramé, on a dû tout remplacer dans l’urgence.

Je vais vous épargner, le film qu’un client nous a fait désinscrire de Cannes pour d’obscures raisons car on va dire que je m’épanche trop sinon.

Le truc qui t’a fait le plus halluciner ?
Rentrer le budget Ubisoft à l’agence en pilotant la compète depuis les allées sombre d’un Décathlon de province où on était coincé en tournage avec Benja. C’était notre premier budget en tant que D.C.
Pour quelqu’un qui aime les jeux vidéos, c’était un beau cadeau et accessoirement une belle victoire.

Ce que tu pensais pas faire un jour ?
Bricoler une intelligence artificielle qui cite la bible pour « troller » les « trollers ». Un pur plaisir !

Quelle sont professionnellement les pubs qui t’ont le plus marquées ?
Levis Odissey et  « Pure Water » pour une bière australienne. Voir des trucs comme ça, ça me donne toujours envie d’arriver à faire, au moins une fois, aussi bien. Il y aussi des idées comme « Parrallel lines » de Phillips qui te mettent une tellement grosse claque.

Puma Hardchorus:

https://youtu.be/7JZrYer99V4

Meet Graham, c’est un peu facile mais c’est tellement bien.

Celles que tu aurais aimé faire ?

Une belle connerie de Netflix pour Narcos – Spanish lessons :

Le film « Halo ODST » pour XBOX :

Le film de la saga HBO Stories où le père retrouve sa fille qui me foutent les poils à chaque fois que je les regarde :

Adidas – original is never finished :

Tu as des modèles de créatifs dans la publicité ? Des gens qui t’inspirent ? Pourquoi ?

A une époque j’aimais bien le côté vindicatif de Fred et Farid en tant que créatif. Cette impression de ne faire que ce qui les intéressaient tout en se foutant de l’avis des autres. Et puis créativement, ils ont fait de grandes choses ne serait-ce que la campagne XBOX pour le Gamer que je suis… pas sûr qu’ils aient fait un truc sur la pêche par contre.

Tu fais partie de quelle génération de créatifs ?
De la génération qui a du faire un effort pour comprendre l’intérêt de Snapchat et consorts…car oui ça n‘était pas inné pour nous. Mais ça tombe bien je suis aussi de la génération qui sait apprendre vite … très vite.

Si tu commençais la pub aujourd’hui, tu irais ou ?
BETC ou à l’inverse une petite structure créative où il y a une vraie volonté d’agence de faire des trucs remarqués et remarquables.

Tu penses que le milieu va évoluer de quelle manière ?
Bla, Bla, Bla …Programmatique … Bla, bla, bla … A.I … Bla, bla, bla … data … ou un truc du genre. La seule bonne nouvelle c’est qu’il devrait quand même y avoir un peu de création au milieu de tout ça, ce qui devrait justifier notre expertise, à moins qu’on ne soit remplacés par des intelligences artificielles d’ici là.

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