Bonjour Arnaud tu es Rédac chez BETC ; quel a été ton parcours ?
J’ai commencé des études de droit que je n’ai jamais terminées tout en tenant en parallèle un magasin de disque en banlieue parisienne que j’avais hérité de mon père. J’ai rapidement abandonné tout cela, à savoir le droit et l’univers du disque, au profit d’un BTS de communication des entreprises et d’une année à Sup de pub. Je suis passé en stage au cours de ma scolarité chez FCB, Ogilvy et CLM BBDO avant d’arriver en stage de fin d’étude chez BETC.

Depuis combien d’années travailles-tu dans le milieu de la publicité ?
Cela va faire maintenant six ans, comme l’âge de ma première fille.

Tu as hésité a faire de la pub ? Qu’est ce qui t’as donné envie d’en faire ?
J’ai hésité seulement parce que je ne savais pas comment entrer dans ce milieu en terme de formation. Cette formalité résolue, je me suis lancé dans le vide.
Ce qui m’a donné envie, et bien, aussi con que cela puisse paraître ce sont des émissions comme Culture Pub qui m’ont donné envie de faire partie de la grande famille des pubards. Cela m’a fait découvrir la pub qu’on ne voyait pas à la télévision française, bref la pub que j’avais envie de voir et du coup de faire.

Tu fais quelque chose en parallèle de ton métier, des passions ?
Je suis déjà la risée de mes collègues donc autant faire mon Outing au grand jour : « J’aime la pêche ». Oui j’avoue c’est une de mes grandes passions. Je crois qu’en fait je suis vieux à l’intérieur, mais je le vis plutôt bien. Et pour contrebalancer, je suis un gros fan de Jeux vidéo. Pas sûr que ça contrebalance en fait, je crois même que ça donne un portrait un peu flippant en fait : le pêcheur Geek… mais ce n’est pas grave, l’essentiel c’est de bien le vivre.

Tu travailles avec qui et sur quoi chez Betc?
Je travaille avec Benjamin Le Breton sous la houlette de Stéphane Xiberras. Je travaille sur MacDonald’s, Canal +, SYFY, Solidarité Sida et bien d’autres choses.

Comment en es tu arrivé à travailler avec Benjamin ?
J’étais sur les bancs de l’école avec Benjamin donc l’association s’est faite assez naturellement. Et puis on n’est pas si différent lui et moi, donc ça c’est fait encore plus naturellement.

Parles nous de deux trois choses que tu as faites en pub.
J’ai fait une campagne d’affichage qui m’a bien marqué quand j’ai commencé, à savoir CANAL+ les vitres : des sportifs qui s’écrasaient contre des vitres. C’est ma première grosse production chez BETC.

Il y a aussi ce film pour SYFY, avec un gamin extraterrestre abandonné sur terre et qui se retrouve dans un orphelinat. Rien que d’écrire le pitch, ça me fait sourire vu que c’est quand même une bonne grosse connerie.

Plus récemment, il y a eu le projet Clocks pour Solidarité Sida, une installation outdoor composée de 300 horloges dont l’alignement des aiguilles venaient former une phrase deux fois par jour à heure fixe.

Et enfin, le film Père-fils de McDonald’s – un film de pub où l’homosexualité est traitée sans cliché pour une fois …enfin j’espère

Dans ton métier quel est ton meilleur souvenir ?
La présentation du film « Adopte Syfy », où la cliente pleure devant nous totalement émue par le film. Là tu te dis que tu fais un beau métier et pas juste de la pub.

Et le pire ?
J’en ai deux en fait : un accident sur le shooting de la campagne Canal+ « les vitres » où le chef déco à fait un arrêt cardiaque. Un moment assez dur auquel je pense toujours.
Et le deuxième, ça a été la présentation aux journalistes du projet « Clocks ». Au moment de mettre en route la machinerie, il y a eu un problème de survoltage et la moitié des 300 horloges ont cramé, on a dû tout remplacer dans l’urgence.

Le truc qui t’a fait le plus halluciner ?
L’animatronic du petit extra-terrestre créé pour SYFY, un jouet géant rien que pour nous. La première fois que je l’ai vu il marchait dans le hall d’un hôtel à Bucarest, deux jours avant le tournage. Juste surréaliste comme moment car il était plus vrai que nature.

Ce que tu pensais pas faire un jour ?
Faire sauter des cascadeurs de 5 mètres de haut sur une plaque de plexiglas de 10 centimètres plusieurs centaines de fois en une journée. J’ai essayé et rien qu’une fois ça fait mal.

Quelle sont professionnellement les pubs qui t’ont le plus marquées ?
Levis Odissey et plus récemment « Pure Water » pour une bière australienne. Voir des trucs comme ça, ça me donne toujours envie d’arriver à faire, au moins une fois, aussi bien. Il y aussi des idées comme « Parrallel lines » de Phillips qui te mettent une tellement grosse claque.



Celles que tu aurais aimé faire ?
Presque toutes celles de la bande du réalisateur Tom Kuntz. Ainsi que le film « Halo ODST » pour XBOX et le film de la saga HBO Stories où le père retrouve sa fille qui me foutent les poils à chaque fois que je les regarde.

Tu as des modèles de créatifs dans la publicité ? Des gens qui t’inspirent ? Pourquoi ?
A une époque j’aimais bien le côté vindicatif et conquérant de Fred et Farid en tant que créatif. Cette impression de ne faire que ce qui les intéresse tout en se foutant de l’avis des autres. Un côté grande gueule que je n’ai pas. Et puis créativement, ils ont fait de grandes choses ne serait-ce que la campagne XBOX pour le gamer que je suis.

Tu fais partie de quelle génération de créatifs ?
D’une génération qui a le cul entre deux chaises et qui est obligée d’évoluer si elle ne veut pas mourir. Né trop tard pour l’âge d’or du print et du film et trop tôt pour celui des nouvelles technologies.

Si tu commençais la pub aujourd’hui, tu irais ou ?
BETC ou DDB.

Tu penses que le milieu va évoluer de quelle manière ?
Une lente évolution vers ce qui se fait déjà ailleurs, où il n’y a plus de frontières entre les créas web, événementiels et les autres créas plus traditionnels. En gros on ne pourra plus mettre les créatifs dans des cases, il va falloir se transformer en couteau suisse.
Une évolution qui semble prendre un peu de temps en France.

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