/itw mis à jour en 2018 /

Bonjour David. Tu es DA chez Betc quel a été ton parcours ?
J’ai fait l’ENSAAMA Olivier de Serres et en 1999, Gabriel Gaultier me propose de rester à la Young (ce qui ne se refuse pas) après un stage.

Ensuite, je passe chez Devarrieuxvillaret pour rejoindre Emmanuel de Dieuleveult, le CR avec qui j’ai collaboré pendant 15 ans.
BDDP & Fils en 2007 puis en 2011, Christian Vince nous propose de le rejoindre chez .V. qui sera finalement intégrée à DDB.
Australie en 2015 et depuis mai 2017, j’ai intégré les Magasins Généraux de BETC pour collaborer avec un nouveau CR : Adrian Skenderovic.
C’était l’opportunité pour moi de travailler dans la meilleure agence de Paris (et de Pantin) sur de beaux budgets avec des gens talentueux.

Depuis combien d’années travailles tu dans le milieu de la publicité ?
1999. Donc 18 ans.

As-tu de la famille, des contacts proches qui travaillaient dans ce milieu avant d’y entrer ?

Pas-du-tout. Je m’inquiète d’ailleurs quand je vois les périodes de stage qui s’étirent parfois sur plusieurs années et les fils à Papa pour qui tout va plus vite. Ça élimine très vite les jeunes aux moyens limités, que les parents ne peuvent pas soutenir indéfiniment et ça modifie la physionomie des agences du coup. Je milite d’ailleurs pour le recrutement d’étudiants provenant des écoles publiques qui ont un excellent niveau.

As-tu hésité à faire de la pub ? Qu’est-ce qui t’as donné envie d’en faire ?
J’ai hésité avec le design industriel mais Olivier de Serres m’a convaincu que c’était plus marrant de faire de la pub.
Il vaut mieux bosser pour Renault que chez Renault.
Et puis pour le design industriel, il fallait être bon en maths.

Quels sont les principaux budgets sur lesquels tu as travaillé ?
Dans le désordre Eurostar, Volkswagen, Fondation Abbé Pierre, Caisse d’Epargne, Solidarités International, Monabanq, Leclerc, Nespresso et plus récemment Loto ou Citroën.

Parle-nous de deux ou trois choses que tu as faites en pub :

En toute modestie, j’ai fait parler l’eau :
https://vimeo.com/10669165

…surclassé un constructeur allemand :


…pris un peu de hauteur :

…rallumé un village français :

Sinon, une petite sélection des choses les moins pires se trouve ici : http://www.davidderouet.com


Tu fais quelque chose en parallèle de ton métier, une passion ?
J’éprouve un certain plaisir à faire chier de Mathieu Vinciguerra.
Sinon, j’ai pris le temps ces dernières années de faire un truc qui n’a rien à voir avec la pub mais qui me procure un grand plaisir : restaurer cette voiture.

Un coupé Alfa Romeo Bertone de 1972. Oui, j’aime les bagnoles.
D’autres restaurations sont en projet mais le temps me manque cruellement depuis que j’ai conçu des enfants.

Dans ton métier quel est ton meilleur souvenir ?
Un coup de fil dans le TGV qui descendais à Cannes où j’ai appris que j’avais un Gold Lion pour Solidarités International.
Et plein d’autres qui sont liés aux rencontres, tournages, pots de départ, charrettes, PPM, etc.

Ce que tu ne pensais pas faire un jour ?
Remercier Devarrieux de m’avoir viré.

Quelle est, historiquement, la pub qui t’a le plus marqué

Peugeot 205 “Garce !” C’est celle qui m’a donné envie de faire de la pub
Je rêve de re-synchroniser Talk Talk depuis.

Ensuite, beaucoup de films Levi’s, en particulier Odyssey.
À peu près tous les films HondaFedex et Centraal Beheer.
Et puis Guiness, Burger King, Volkswagen, Axe, Volvo Trucks, Swedish Number, Netflix, etc.
C’est complètement abyssal comme question en fait !

J’ai adoré la campagne RESPONSIBLY, THE BEER. J’ai trouvé malin la faille dans laquelle ils se sont engouffrés pour faire parler d’eux.
C’est quelque chose que j’adore lorsque les marques jouent avec les codes ou détournent les contraintes pour en faire une force.

Celle que tu aurais aimé faire ?

Land Rover – Safe Inside

Tu vois quoi comme changement entre tes débuts et maintenant ?
Les trois ans de stage avant de décrocher un CDD ?

Tu fais partie de quel génération de créatif, avec qui as tu grandi ?
J’ai commencé avec ou en même temps que Didier Aerts, Faustin Claverie, Mathieu Degryse, Charles Guillemant, Olivier Dermaux et malheureusement pour ma santé Mathieu Vinciguerra.

Il y a des gens avec qui tu aimerais travailler ?
Plein ! Le chef opérateur Emmanuel Lubezki. Sam Mendes ou Alfonso Cuaròn pour les réalisateurs, Annie Leibovitz, Raymond Depardon, Meffre et Marchand pour les photographes… Cette liste s’allonge tous les jours.

Tu penses que le milieu va évoluer de quelle manière ?
Je trouve qu’il n’évolue pas si mal. Le créatif à tendance à se plaindre mais c’est plus dur d’année en année, donc il faut travailler plus et mieux.
Ce qui n’est pas une mauvaise chose.Il n’y (presque) plus d’imposteurs dans les agences. C’est devenu difficile de faire illusion alors ne survivent que les plus talentueux. Ou les plus travailleurs.

Quels conseils donnerais-tu aux DA/CR qui se forment aujourd’hui ? 
De bien choisir leur première expérience. C’est celle-là qui va dicter leur parcours, leurs rencontres.

 

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