Sélectionner une page

J’ai fait une école d’art il y a environ 20 ans à Belfort (90) où j’ai appris le métier de graphiste avec des professionnels du métier en branding, print et photographie. J’ai ensuite fait une autre école supérieure à Strasbourg pour me spécialiser, mais j’ai arrêté en cours de première année car j’ai signé un contrat dans l’agence ‘Dans les Villes’ (toujours à Strasbourg).
J’ai appris le métier dans cette agence, on bossait à 4 (le boss/DA et 3 graphistes), dans un petit studio de graphisme spécialisé en print et édition, la meilleure école en termes de rigueur et de créativité. C’est pendant ces 4 années à leurs côtés que j’ai tout appris et acquis les bons réflexes. J’ai travaillé sur des campagnes culturelles et institutionnels, de la signalétique, des identités visuelles et mis en page mon premier livre.
En parallèle, j’étais déjà Freelance, je faisais des petits projets. J’ai également travaillé dans deux autres agences en tant que DA, mais ces 2 expériences sont anecdotiques, même si cela à duré plusieurs années, ça m’a juste conforté dans l’idée de travailler seul, tant leur manière de faire était totalement à côté de la plaque. Et donc en 2019, une fois seul dans mon bureau, j’ai compris que je devais redéfinir ma manière de travailler et c’est là que j’ai commencé à définir mon style. J’ai donc axé mon travail sur le design typographique, la création d’identités visuelles et le print.

J’ai collaboré avec des marques (Orange, Puma, Foot Locker, Coca-Cola, Sosh), en France principalement mais aussi à l’international. J’ai pas mal bossé pour des bars et des restaurants, ça m’a fait une super vitrine notamment à Strasbourg. Et puis j’ai fait un paquet de rebranding ou de créations de marques, c’est principalement pour cela qu’on vient me chercher aujourd’hui.

Après le lycée, j’ai commencé à faire des études de développeur web, il y avait aussi une partie design et clairement, c’est sur cette dernière partie que je prenais du plaisir. En parallèle, j’ai rencontré un graphiste (Christophe Chelmis) qui bossait sur des projets assez dingues sur Lyon, il travaillait avec le collectif Kollebolle. Je l’ai pas mal questionné sur son métier et sur la manière d’y arriver. Il m’a donné quelques très bons conseils et je me suis cash orienté dans cette voie. Une fois arrivé en école d’Art, j’ai su que j’avais trouvé ma voie.

Je suis un grand fan de musique, j’ai fait de la guitare dans plusieurs groupes quand j’étais au lycée et encore quelques années après. Ça a clairement forgé ma culture graphique, j’écoute du metal depuis de nombreuses années et j’étais toujours fasciné par les visuels de pochettes et surtout les logos de groupes. Dans ce domaine, notamment pour les styles les plus sombres, le travail de composition typographique me passionne. Mes premiers visuels en graphisme étaient pour mes groupes ou pour les groupes des potes. Sinon je suis très fan d’art contemporain et d’architecture art nouveau. Pour certains projets, je peux pas mal m’inspirer d’ornements et de constructions, je trouve cela toujours intéressant à mettre en place. Je pense que le graphisme doit se nourrir de plusieurs styles pour éviter de tourner en rond.

Je suis aussi très lié au monde du tatouage, j’ai fait plusieurs shop de tattoo et je suis moi-même beaucoup tatoué, c’est quelque chose qui me passionne vraiment et qui là-aussi m’influence dans certains de mes designs typographiques.

J’ai participé à la 2e édition de Colors, le festival d’art urbain contemporain de Strasbourg en tant que « peintre ». Mon pote Stom500, le DA et co-fondateur du festival, m’a lancé ce challenge de peindre un grand mur à la bombe. C’était une première pour moi et c’est clairement un super souvenir. J’ai aussi participé à une expo collective et un duo show dans une galerie d’art il y a quelques années, c’était une chouette expérience, je ne me suis pas positionné en tant qu’artiste mais j’ai réfléchi en tant que graphiste à la manière de proposer quelque chose de différent sans me prendre pour un autre.

Et en parallèle de mon job, je donne des cours chez e-artsup à Strasbourg, une école de création visuelle, où j’interviens en typographie et en direction artistique. Je trouve qu’il est important dans mon parcours de transmettre des conseils et de guider les futurs graphistes, non pas pour leur donner LA bonne solution, mais pour les aider à comprendre la démarche à suivre et la manière de se questionner en tant que créatif.

Je vais en sélectionner 4 : 

• L’identité visuelle d’Iron Velvet car elle reste à ce jour la plus importante de ma carrière, elle définit ma vision et mon style. Le fait de créer une typographie originale, de dessiner plusieurs illustrations qui vont former une boîte à outils, de faire des variantes dans la construction de cette identité pour qu’elle soit modulable et surtout d’aller à l’encontre des codes graphiques attendus dans un domaine particulier.

• Le logotype typographique du shop de tatouage Blacklist Tattoo Parlour à Albuquerque au Nouveau Mexique. L’histoire est un peu folle, le boss du shop a vu plusieurs de mes boulots typographiques et il a trouvé mon contact. J’ai bossé dessus plusieurs mois, dessiné toutes les typographies, fait des ornements en m’inspirant d’éléments de ferronneries de mon quartier. C’est aussi sur ce taf que j’ai développé un style plus personnel, mélangé l’univers victorien à celui du tatouage ou du metal.

• L’identité visuelle de Stom500 car c’est un artiste (et ami) ultra talentueux, on se connait depuis des années, on échange toujours beaucoup sur nos boulots respectifs, on collabore sur pas mal de projets ensemble et là il m’a laissé une sorte de carte blanche. Il voulait en gros un logo signature, donc un truc plutôt simple et en même temps je devais trouver un style qui ne vienne pas parasiter le sien. Donc que ce soit en typographie ou en illustrations, rien ne devait être trop « manuel ». J’ai donc pris le parti d’avoir d’un côté une typo style grotesque ultra contemporaine et d’un autre une gamme de 50 petits logos pour qu’il puisse s’amuser et composer avec. Et c’est rempli d’ester eggs, de souvenirs et d’anecdotes. 

• Le rebranding de la Ligue Régionale Grand Est Basketball car on partait de très loin en termes de graphisme. Il fallait tout simplifier et en même temps il fallait avoir un symbole rassembleur qui pouvait muter pour s’adapter à toutes les variantes et tous les besoins de la ligue. J’ai remporté cette consultation car j’axe énormément mon travail sur la modularité. Mais surtout c’est un projet très sobre et radical, je suis parti d’un pictogramme de ballon de basket pour en extraire 3 bandes et faire ce sigle. C’est un peu à l’opposé des brandings plus complexes que je peux faire et je suis super content d’avoir pu travailler de cette manière. Et puis j’ai gagné un silver Award World Brand Design Society, ce qui est plutôt cool 🙂 

Pour moi le plus dur c’est de décider quel type de créatif on veut être. Pour cela il faut donc acquérir pas mal d’années d’expériences, travailler dans différentes structures, sur différents sujets, de différentes manières pour trouver sa ligne directrice. Et surtout aujourd’hui, garder la même pertinence sur tous mes rendus, sans tomber dans la facilité. Donc il faut faire des choix radicaux : ne pas utiliser l’IA pour créer, ne pas suivre constamment les tendances, trouver un style personnel et être patient !

Ma volonté c’est de continuer à travailler avec la même exigence, de faire de jolies collaborations. Et surtout de toujours continuer à expérimenter. Comme précisé avant, j’ai trouvé ma manière de faire depuis 2019, je sais ce que je veux et surtout ce que je ne veux plus. Donc travailler en agence en tant que salarié, non. Travailler en collaboration avec une agence ou un collectif, si les conditions me vont et que le sujet est intéressant. J’avais également réfléchi à monter une structure il y a 2-3 ans, ça ne s’est pas fait et pour le coup, ça ne me trotte plus dans la tête. J’avoue que mon indépendance me permet de gérer les projets que je veux gérer, à mon rythme et à ma manière, ce qui est incompatible avec une structure qui comporte d’autres collaborateurs. Et pour être encore plus honnête, si je n’avais pas fait ce choix radical d’être seul, je n’aurai pas pu bosser sur tous ces projets ces dernières années.  

Pour moi le meilleur travail est celui fait pour Canal+ par Etienne Robial. C’est le meilleur exemple de branding déclinable à l’infini. C’est de l’ordre du génie et c’est intemporel.

J’ai aussi adoré le rebranding de Burger King, c’est une réussite totale, que ce soit au niveau des couleurs, de la typographie et de la modularité des éléments graphiques.


Je peux aussi citer tous les branding de chez Pentagram, c’est juste ce qu’il se fait de mieux.

Questions difficile car je vais devoir faire des choix : Etienne Robial, car c’est le roi pour moi, le meilleur, il a posé toutes les bases du graphisme actuel.
Jones Knowles Ritchie, un studio qui fait les meilleurs rebranding au monde tout simplement tBurger King entre autre)
Pentagram qui une fois de plus fait un travail de branding extraordinaire.
J’adore le boulot de Tyrsa, ses typographies sont juste stratosphériques.
Ludovilk Myers que j’ai découvert en temps que DA et qui est aussi aujourd’hui un artiste que j’adore, c’est également un ami depuis quelques années, c’est toujours super de connaitre ce genre de personnes.
Mon pote Stom500 cité plus haut qui est un artiste avec un style et une maitrise impressionnante.
Et aussi Grems, artiste multi facettes, j’étais déjà ultra fan de son taf de graphiste, on est amis depuis quelques années et j’ai eu la chance de collaborer sur son livre en 2023. C’était un super projet, on a bossé en symbiose pendant plusieurs semaines, c’est ce genre de connexion humaine qui fait que ce métier est génial.

C’est toujours un peu compliqué ou prétentieux de répondre à cette question… je vais dire qu’en faite il faut être un faiseur et non un raconteur. Je m’explique, en fait depuis pas mal d’années, on voit des gens obsédés par les algorithmes qui vont tout faire pour les flatter. On se retrouve donc avec des tronches de graphistes qui parlent de leur taf (enfin plutôt du taf des autres) pour faire des vues ou autre. C’est inintéressant au possible… Il faut faire, il faut tester, pratiquer, prendre des risques, recommencer,… Faites du graphisme et arrêtez d’en parler.

– – –
Pour aller plus loin :

instagram.com/hellobuckwild
linkedin.com/in/christophe-lombard-21b77992/

hellobuckwild.com/