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Alors, j’ai fait une école de pub à Roubaix qui s’appelait « Sup de Créa ».
J’ai découvert la pub là-bas. En deuxième année, quand il a fallu trouver un stage, j’ai écrit à Gabriel Gautier pour lui dire que j’aimais beaucoup ce qu’il faisait et que j’aimerais travailler pour lui. Il m’a dit quelque chose comme « viens quand tu peux » donc je suis venu (je pouvais). C’est comme ça que je suis devenu le premier employé de Jésus.

Après quelques temps là-bas, on m’a proposé du boulot dans une super nouvelle agence de brand content qui allait réinventer la publicité. J’y suis allé, la boîte a fait faillite, je me suis retrouvé au chômage. C’est ce qu’on appelle avoir du flair.
Pendant mon chômage, j’ai essayé d’écrire un livre pour enfants avec mon copain Jean mais on a surtout fumé des joints en jouant à la Xbox. Un an plus tard, quand Pôle Emploi en a eu marre que je fume des joints en jouant à à la Xbox, j’ai écrit à Patrice Dumas. Il m’a répondu de contacter Jean-Christophe Royer de sa part.
Merci Patrice.
Je suis donc allé voir Royer en lui disant que mon book était nul mais que je savais que je pouvais faire mieux. Il m’a fait confiance, grâce à lui je suis rentré chez BETC en free où j’ai bossé sur Canal+.
Merci JC.

Tout allait bien, la situation devenait à peu près stable. C’est donc à ce moment-là que j’ai décidé de devenir papa. Sauf que c’est plus facile d’être papa avec un meilleur salaire que celui que je gagnais à l’époque. C’est comme ça que je me suis retrouvé devant Alexandre Hervé pour lui demander de m’embaucher. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à bosser sur Intermarché et c’est surtout à cette époque que j’ai rencontré mon brave Milou, Julien Bon.

Après 3 ans chez Romance, on a décidé de partir avec Matthieu Elkaïm chez Ogilvy où on a appris pas mal de choses, mais où on a surtout compris qu’on arriverait mieux à s’exprimer dans une agence plus petite. On est donc revenus chez Romance, où nous coulons des jours heureux depuis.

Si j’en crois la date de création de Jésus, soit 2013, je dirais 13 ans.

Les pubs. J’ai grandi dans les années 90-2000 et je regardais tout le temps la télé. Il y avait des pubs géniales pour Volkswagen, Air France, Evian, Xbox, Milka, Orangina, Neuf télécom… Je ne sais pas si c’est une vue de l’esprit mais j’ai l’impression qu’il y avait vraiment beaucoup de grandes pubs à la télé, à l’époque. Après, ça me fait toujours peur d’entendre quelqu’un dire que c’était mieux avant, surtout quand c’est moi.

Quand j’étais petit je voulais être journaliste. J’aimais bien écrire et je pensais que journaliste ça voulait dire partir à l’aventure aux quatre coins de la planète. Je regardais beaucoup Tintin sur France 3.

Le dernier truc en date qui m’a obsédé, c’est Jean-Philippe Jaworski. J’ai commencé par lire son roman « Gagner la guerre » et je l’ai trouvé incroyable. Je me suis donc mis à lire tout ce que j’ai pu trouver de lui et quand j’ai eu fini sa bibliographie, ça m’a mis un petit coup au moral. Il y avait une espèce de vide, que j’essaye toujours de combler depuis d’ailleurs. Si quelqu’un a des suggestions je suis preneur.

Sinon j’aime bien le basket, d’ailleurs récemment j’ai rejoint un club dans la catégorie vétéran, ce qui m’a mis un petit coup de vieux quand même à 35 ans.

Et sinon je joue pas mal aux cartes Magic. C’est Julien Bon qui m’a mis là-dedans et depuis j’essaye de m’en sortir, sans succès. C’est vraiment un hobby que j’adore et qui m’a permis de rencontrer tout un tas de gens qui sentent la transpiration.

NDLR : Carte choisie par Greg, pour la vanne.

Non. Je n’arrive déjà pas à faire tout ce que je dois faire, donc j’évite de me rajouter des choses que je ne ferai pas.

J’ai une vie de couple, une vie de famille et une vie professionnelle auxquelles je tiens beaucoup et qui me sont vraiment bénéfiques. Donc je fais très attention à cet équilibre.

Le premier, c’est une annonce presse pour l’offre Golf de Canal+ que j’ai faite chez BETC à une époque où je ne savais pas encore écrire peu.

Il y a le film Cadum aussi. À la base on nous avait demandé 3 films de 10 secondes, mais on sentait qu’on pouvait vraiment faire un beau film de marque. J’avais une réf en tête, un film de la BBC, « Love where you live ». On est allé voir nos clientes avec ça et on leur a dit qu’on pensait vraiment que pour lancer une nouvelle plateforme, on serait plus impactants de cette manière. Elles nous ont fait confiance et ça nous a permis de donner vie à ce film que j’adore.

Les films « La vie chère ».
La saga qu’on poursuit avec Katia Lewkowicz depuis 4 ans. On devait faire 3 films pour parler d’inflation, on va bientôt atteindre les 20.

Le mal-aimé d’Intermarché, bien sûr.
Tous les ans, il y a un grand film de marque à faire pour Intermarché. Cette année, il fallait renouveler le film de Noël, le dernier datant de 2017. Assez vite avec Julien on s’est parlé d’animation. C’est un truc qu’on voulait faire depuis toujours, donc on s’est dit que c’était la bonne occasion. On voulait faire un John Lewis à la française. À la Intermarché.
On a écrit pas mal de scripts avant d’arriver à celui-là. Alex (Hervé) ne voulait pas d’un film de Noël avec un père Noël ou un bonhomme de neige. Trop vu. Il nous a dit « si vous voulez faire de l’animation, faites un conte ». À partir de là, ça a été simple, parce que dans les films Intermarché, on raconte toujours la transformation narrative de quelqu’un qui se met à mieux manger pour atteindre son objectif. On s’est demandé qui avait le pire régime alimentaire des contes de fée, le grand méchant loup. La suite, on la connaît.

On a passé une année assez dingue à bosser dessus. On avait le luxe d’avoir le temps de réfléchir, de revenir dessus tous les jours, de tout discuter. Et à chaque fois que les gars d’Illogic nous présentaient les avancées et qu’on voyait le truc prendre forme, on se disait que ça allait être un succès. On ne se doutait pas à quel point.

Et Puget.
Parce que ça fait longtemps que je voulais écrire une signature comme celle-là et que ça fait longtemps qu’on voulait faire une campagne d’affichage comme celle-là. Tout s’est fait dans une simplicité exceptionnelle. On avait un brief qui nous disait que les meilleurs produits méritaient la meilleure huile d’olive. On a commencé à écrire des accroches avec Julien, ce qu’on fait généralement pour se lancer dans un brief.
À un moment j’écris « Huile d’olive, sel, poivre ». Il y a un battement de 2 secondes, je remplace Huile d’olive par « Puget ». Julien met ça en page avec des close-ups hyper appétissants. C’était là.

Côté pile, j’ai envie de parler des tournages de la saga La vie Chère.
Il y a vraiment une ambiance à part sur ces tournages. On en a tellement fait avec Katia et Grand Bazar qu’il y a un truc un peu familial maintenant. À chaque fois, on retrouve la même équipe de prod (Katia, Juliette, Hugo, Manon, Sonia… ), les mêmes personnes de l’agence (Marie-Laure, Émilie, Alex, Julien…) et les mêmes clientes (Anne, Perrine, Céline…), on a toujours l’impression de se retrouver exactement là où on s’était laissés la fois précédente.
Et on a beau avoir les scripts les plus vissés du monde, on finit toujours par se retrouver avec Katia, à crier aux comédiens des phrases qu’on improvise sur le set. C’est vraiment une manière de bosser que j’ai découverte avec elle et c’est hyper marrant à faire parce que tout le monde cherche la meilleure vanne possible à chaque prise.

Et sinon, je n’ai pas vraiment de pire souvenir, si ce n’est peut-être une nuit de novembre particulièrement froide dans une station-service ukrainienne avec mon DA de l’époque Sébastien Mertens pour le tournage des films World of Tanks.
Ça a mal vieilli comme anecdote.

J’ai travaillé dans 5 agences différentes et j’ai été en team avec 6 DA différents depuis que je travaille, donc j’ai forcément fait des choix qui n’étaient pas les bons. Mais aujourd’hui, je suis exactement là où j’ai envie d’être. Et c’est la somme de tous ces choix, bons et mauvais qui m’a amené là, donc je ne changerais rien à ce niveau-là. Oui, ça fait très influenceur Linkedin « Soit je gagne, soit j’apprends » comme réponse.

Par contre après le Covid, j’ai quitté Paris, comme beaucoup de gens et j’ai passé 1 an à Lille et 3 ans à Marseille, entre Ogilvy et Romance. Si je pouvais changer quelque chose, ce serait ça. Revenir à Paris, revenir à l’agence, m’a vraiment permis d’accéder à plein d’opportunités et ma carrière ne ressemblerait pas à ça aujourd’hui si je n’étais pas revenu.

Je vais séparer la question en deux, parce que ma génération, mes copains, c’est Cécile Pimont, Maxime Dos Santos, Niels Marqueyssat, Pieyre-Alexandre Treuil et Émilien Point.

Et la génération avec laquelle je grandis, c’est celle des créas avec qui je travaille aujourd’hui chez Romance. Ils sont tous plus jeunes que moi mais je les trouve vraiment inspirants. Il y a vraiment une dynamique particulière grâce à eux et c’est vraiment facile d’aller au boulot quand on travaille avec des gens comme ça. Il y a donc Lucas, Hector, Antho, Lucie, Nico, Julien, Méline, Léo, Bruce, Max, Léa, Camélia, Roméo, Ylan, Wallis, Thibault, Solal, Victoria, Alexis, Paul, Raph, Zoé, Élie,

Je voudrais aussi saluer le reste de l’agence parce qu’on a plein de gens géniaux et bienveillants à tous les postes. Ça crée vraiment quelque chose de spécial.
Je ne vais évidemment pas pouvoir citer tout le monde, donc je me contente de citer mes copines Marlène, Émilie et Marie-Laure. J’espère que les autres ne m’en voudront pas trop.


Alors pour la pub, Julien Bon, évidemment. Je ne dis pas ça parce que c’est mon DA, mais c’est mon DA parce que je le pense. C’est un DA précis, un photographe talentueux et un super copain. Son seul défaut c’est qu’il pense que c’est lui le chef du team.

Ensuite, Alexandre Hervé. Bien sûr. On guette ses failles, on attend sa chute, mais pour le moment, il reste indétrônable alors on continue de l’écouter.

J’aimerais aussi citer Fréderick Lung. Parce que je trouve qu’on ne parle pas assez de Fréderick Lung. C’est le genre de personne qui met vraiment tout le monde de bonne humeur à l’agence et qui, en plus, est un excellent créatif et directeur de création.

Ensuite, mon copain Tof Dru, qui a été le premier mec vraiment sympa que j’ai rencontré dans la pub. J’ai beaucoup d’admiration pour les gens qui sont gentils en plus d’être super doués. Il sait tout faire, c’est hyper impressionnant, si vous ne connaissez pas son boulot, je vous invite à le découvrir ici : https://tofdru.com/

Et pour finir côté pub, Pierre Mathonat et Alexis Benbehe. Je trouve leur duo créatif vraiment exceptionnel. J’aimerais bien qu’ils montent une agence, je ne sais pas ce qu’ils attendent au juste.

Et sinon, hors de la pub, j’aime beaucoup Martin McDonagh et j’ai déjà parlé de Jean-Philippe Jaworski ?


Peut-être un de mes films préférés. Plus je le regarde, plus je l’aime.


Celle-là, c’est celle que je regarde pour me rappeler à quel point on peut faire de grandes choses dans ce métier

Dans la campagne Sugar Mutts Rescue, il y a le film sur Béatrice et son oiseau. Celui-là c’est celui que j’aurais aimé écrire.

https://www.oneclub.org/awards/theoneshow/-award/31078/just-get-the-dog


Je l’ai vu 200 fois, pourtant il continue de m’émouvoir comme si c’était la première.


Celui-là, pour les mêmes raisons. Je rêve d’avoir l’occasion d’écrire un grand film de sport comme celui-là un jour.


Et les habillages de Channel 4, parce que je trouve ça génial de mettre ce niveau de créativité et de craft dans des habillages TV. J’adore les anglais.

Pour commencer, je dirais qu’il est important de travailler pour des gens dont on admire le travail, pas pour des noms d’agences. Je n’ai pas travaillé pour Jésus, BETC, Ogilvy et Romance. J’ai travaillé pour Gaultier, Royer, Elkaïm et Hervé
Ensuite, je pense qu’il est important de bouger. Si vous sentez que vous n’avancez pas, que vous êtes bloqués, allez voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Elle ne l’est pas toujours, mais au moins vous saurez.

Et enfin, je pense que c’est un métier qu’on ne peut pas faire par défaut. Si vous avez envie de faire autre chose, faites autre chose. Parce qu’au début ça peut être long et très exigeant. Mais avec le temps, ça devient de plus en plus facile, alors si vous aimez ce que vous faites, continuez parce que ça pourrait bien devenir le métier dont vous rêviez.